Tramayes-Ouroux, 16 km

D’un regard rapide sur le kilométrage de cette 2e étape, vous pouvez vous dire que c’était une étape courte. En distance, oui. Mais quelle intensité pour accéder au Col du Carcan à 700m d’altitude. Il nous fallait de l’énergie et le petit-déjeuner de l’hôtel des Marronniers n’était pas adapté (croissant, pain blanc, jus d’orange pasteurisé, et thé). Dommage car le dîner de la veille était parfait en mode Covid : plateaux en chambre. En faisant tamponner notre crédentiale au Carrefour Market, nous en avons profité pour acheter des fruits secs et deux bananes.

Après un départ de Tramayes tranquillou, on s’est fait deux heures de montée bien « pentue » sans interruption. Et comme au départ de Cluny, ça commence par de la bouillasse, des rus et des petits torrents qu’il faut enjamber ou dans lesquels on patauge aussi quand il n’y a pas d’échappatoire latéral. Merci les bâtons 😍. Même pas en rêve on fait le chemin en sandales comme les puristes ou les allemands (avec les chaussettes de foot alors).

Arrivés au sommet, le chemin de randonnée indiquait deux possibilités : la longue avec deux dénivelés de -80m et une remontée de +80m en passant pas Cenvres ou bien la courte. Nous avons décidé de rester sur la route des Crêtes. Juste à la croisée des deux chemins, nous tombons sur notre couple de Jurassiens qui avait fait le choix de la route longue. En échangeant nos tuyaux de marcheurs (genre nous, on a déjà deux Compostelle aller et retour d’expérience 😳), ils sont un peu frustrés car eux naviguent au guide du marcheur avec des photocopies d’indications autour du cou quand nous, nous marchons au GPS de l’IGN. C’est moins rustique mais sur 330km, c’est plus efficace !

Nous décidons de faire notre pause dej avec eux pour faire connaissance. Mais le régime alimentaire de la dame nous a rendu perplexe : elle ne mange pas le matin pour maigrir puis s’enfile un sandwich poulet-mayonnaise le midi car elle meurt de faim. Je sais que l’on est un peu extra-terrestre sur le sujet mais là, ça ne paraît pas idéal pour des marches sur plusieurs jours avec une telle consommation d’énergie (1100 calories par jour). A la croisée du chemin en repartant, nous découvrons une magnifique borne kilométrique réalisée par un collège du coin avec le soutien du Rotary Club de Macon 👏🏼

Depuis cette halte du midi, le chemin alterne entre sentier et route goudronnée. Du coup, nous faisons notre vocabulaire de marcheur pour définir les différents types de chemin :

  • Le roulant car sur la route bitumée. Clairement, ça nous permet d’avancer à un bon rythme
  • Le marchant est pour le sentier pédestre classique, avec du caillou ou de la terre
  • Le cassant pour celui qui nous fait des bonnes suées sur plusieurs km de montée
  • Le bouillassant (à rajouter au Larousse) pour tout ce qui est plus du domaine de l’aquatique que de la marche.

A 15h, Ouroux, notre 2e étape, nous accueille : la dame du gîte s’arrête sur la route principale, descend de sa voiture et nous lance un « vous êtes les Pèlerins Scuto ? » il semble que l’on soit déjà connu ou bien reconnaissable.

Du haut de ses 300 habitants, nous trouvons quand même un point épicerie-pain-café-Poste et comme il est adjacent à une « sorte de garage » Renault, je me demande s’il ne fait pas aussi mécanique auto ou agricole. En tout cas, le patron est très sympa. On se croirait au journal de Pernaud sur TF1 : lui est un tout jeune boulanger, habitant du village. Il a repris l’échoppe rachetée et rénovée par la Mairie. On lui achète un morceau de pain (qu’il n’a plus de Complet 🥲), un saucisson et deux pommes. Ah j’oubliais : il nous tamponne notre credentiale car la Mairie lui a filé le tampon qui va bien. Je vous dit qu’il fait tout le gars 👍

Ce soir c’est dîner en table d’hôte. Nous pensions être à table avec nos papy et mamie mais cause Covid, elle nous sert à l’assiette. Par contre, à chaque plat, elle reste parler avec nous avec son masque qui lui glisse sous le nez pendant que Bernard, son époux, lit son journal dans la cuisine (on entend les pages se tourner). Le repas dure finalement 1h45 sans que l’on ne s’en rende compte. C’est aussi la magie du Chemin : les rencontres et les moments passés de quelques minutes comme une parenthèse dans ses heures de marche.

Allez, retour dans la chambre et extinction des feux sans regarder la télé. Demain, grosse étape à 1000m d’altitude avec +850/-780 (vous êtes forts maintenant, je n’ai plus besoin de vous dire comment lire les dénivelés ✅)

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