« Changer l’eau des fleurs ». Ce titre du livre de Valérie Perrin va bien à l’expérience que nous vivons je trouve (même si Sophie me dit que l’histoire du livre n’a rien à voir et est très triste). Et comme le pèlerin se pèle de ce qui lui est finalement inutile, changer l’eau sale pour de l’eau propre est une image assez claire de la transformation que l’on fait sur le Chemin.




Reprenons depuis le début. L’itinéraire initial était prévu à 7km mais en pratique on en aura fait le double. Pourquoi ? Cela n’est pas très clair mais le podomètre le prouve. Petite halte à l’Intermarché du coin pour nous ravitailler en fruits secs en prévision du prochain tronçon de 22 km de mardi 25. Nous avons enfin récupéré le tracé officiel du Chemin avec ses coquilles bleues caractéristiques.
Le seul point notable de cette courte étape était le village de Saint-Jean–Saint-Maurice. Il s’agit d’un ancien château du XIe siècle qui domine tout un bras de la Loire. Le point de vue est superbe et le village est assez beau. « Assez » car il n’est pas aussi bien entretenue que Sarlat ou le Mont-Saint-Michel. Mais nous avons pu déjeuner dans le vieux donjon avec une vue plongeante sur la Loire. C’était superbe, malgré le vent et les quelques gouttes de pluie.






Comme nous étions tout proches de la halte suivante, nous avons appelé notre hôtesse pour la prévenir de notre arrivée. Mais elle avait besoin de faire une sieste. Alors nous avons fait un petit crochet par les champs et avons bullé au soleil qui a fini par faire une petite apparition pour arriver après 15h30 sans la mettre dans l’embarras. Dans cette chambre d’hôte appelée « l’eau du puits » (oui avec un S), On sent que l’on n’est plus dans une activité d’appoint mais dans un vrai business. La dame fait chambre et table d’hôtes depuis 16 ans et dispose de cinq chambres. Même l’hiver, elle a des pêcheurs qui viennent taquiner le brochet dans le lac du barrage tout proche.




Nous retrouvons un couple de marcheurs à l’étape. Ce sont de grands experts par rapport à nous : ils ont déjà fait Le Puy-Compostelle et entament le tronçon qui leur manquait. Mais ils sont partis d’un poil plus loin : ils ont pris la route il y a trois semaines de Montbéliard en direction du Puy. En discutant autour d’un rosé du Rouannais, nous apprenons qu’ils ont aussi fait le Chemin d’Assise et un autre en Suisse. Elizabeth nous dit que lorsque l’on en a fait un, c’est comme une évidence d’en faire d’autres.
Le dîner est super sympa autour d’une énorme table carrée ce qui permet de beaux échanges avec nos hôtes et nos collègues de marche. On se régale des produits des fermes environnantes. Pour m’endormir, j’attrape un livre d’un pèlerin chinois qui a fait d’une traite Le Puy–Compostelle. Son carnet de voyage est magnifiquement illustré d’estampes et de proverbes chinois. Nous tombons dans les bras de morphée sous un temps exécrable. Mais tant qu’il pleut la nuit, ça nous va bien 😕




Demain belle étape de 20km vers Pommiers. Le Foretz se rapproche et ses collines à gravir aussi 🤨.