Retour à l’antiquité : Delphes

Nous voici de retour dans l’Antiquité, en faisant un bond de 1000 ans en arrière. Le lever de soleil est de nouveau somptueux avec les rayons qui transpercent les falaises météoriques, spectacle visible depuis notre chambre d’hôtel. Direction le sud pour 250km mais en presque 4h (ça sent la route de montagne ça !).

Delphes se trouve proche de la mer de Corinthe, qui sépare le continent du Péloponnèse par son vertigineux canal. Mais impossible de voir la mer depuis le cirque antique. J’adore la route sinueuse, plus sympa que les longues voies autoroutières. 

Arrivés sur place, après avoir traversé le village de Delphes aux rues ultra étroites (faut pas avoir un gros SUV), nous passons devant l’entrée du site sans le voir. Nous attendions une entrée imposante, un musée et un parking. A la place une simple route à deux voies à flanc de falaise, un accès caché derrière des cyprès, aucun panneau vraiment visible depuis la route et surtout aucun parking. Chacun se gare comme il peut, en posant sa voiture sur le bas-côté. En bons grecs que nous sommes, nous faisons la même chose : « Emmanuelos, il faut s’intégrer me dit Sofia ! Ne, je lui réponds” (né veut dire oui). On se demande comment cela se passe en pleine saison hors Covid avec les hordes de touristes chinois et autres débarquant en car ou ré-embarquant après leur visite au pas de course !

Bon, ok, à Delphes, il y a beaucoup de cailloux par terre. Il ne faut pas s’attendre à des temples magnifiques avec toutes leurs colonnes (nous y reviendrons). Par contre, nous nous attachons à comprendre ce qu’il s’y est passé et pourquoi est-il devenu aussi réputé.

Maquette du site

Symboliquement, ce lieu à flanc de falaise du Mont Parnasse (changements possibles entre la ligne 3, 4, 6 et 12 du Métro 🤪), a été choisi par Zeus himself après que ses deux aigles, partis des confins du monde, se soient rencontrés pile au-dessus de Delphes. Pratiquement parlant, l’endroit était occupé par un village déjà en -1400 car une source d’eau coulait là. Je vous renvoie à notre premier billet avec la guide nous expliquant que tous les temples sont situés non loin d’une source d’eau. Bon, du coup, Zeus envoie un énorme caillou et décrète que désormais ce lieu est le centre du monde. Apollon lui-même aurait fondé le sanctuaire de Delphes, alors gardé par un serpent nommé « Python», fils de Gaia (la Terre). Apollon, voulant établir un oracle pour guider les hommes, tua Python de son arc et s’appropria l’oracle. Pour plus d’infos académiques, je vous renvoie sur Wikipedia ou Vikidia (plus simple). 

Entre -800 et +400, Delphes devient l’endroit où les conquérants commerciaux, territoriaux et militaires (c’est une partie de la charge symbolique d’Apollon), avant de se lancer à l’aventure, viennent consulter l’oracle de la Pythie…très librement interprété par les prêtres seuls à même de traduire ses mots. Et comme nos amis grecs avaient plutôt du succès dans leurs opérations de conquête, en remerciement, ils faisaient de somptueuses offrandes au site. Voilà pourquoi, il y a (avait) autant de temples, de sculptures, de gravures, de cadeaux précieux. Même les romains, après leur conquête de la Grèce continuèrent de venir consulter les Dieux. On ne sait jamais ! Avec l’expansion du christianisme, le site est abandonné car considéré comme païen et est petit a petit démantelé, ses pierres taillées servant de construction aux habitations. 

Le site a été restauré par un archéologue français au milieu du 19e. Des fouilles ont été entreprises avec des résultats parfois spectaculaires. Un tremblement de terre a détruit ce qui pouvait rester debout mais a aussi enseveli des statues en marbre et en bronze magnifiques. Tout est visible dans le très beau musée adjacent dont l’accès est compris dans le ticket d’entrée. 

Clairement, à Delphes, il ne faut pas s’attendre à tomber sur des bâtiments ou des temples debouts sauf l’amphithéâtre emblématique du lieu. Néanmoins, Sofia et moi tombons sous le charme des lieux et de l’incroyable force qui s’en dégage. Aucune entreprise de l’époque, des grecs aux Romains n’auraient pris le risque de ne pas questionner ou d’oublier de remercier Apollon et l’oracle. C’est donc une accumulation de temples même petits mais richement dotés, de statues en marbre, ivoire, or et même en bronze. Une magnifique statue se trouve dans le musée. Gardons en tête qu’au même moment, en Gaule, on se tapait dessus à coup de gourdin et grognions pour nous parler (j’exagère à peine).

En rentrant, nous continuons la seule route qui nous amène à Arachova, un village accroché au Mont Parnasse. Le temps que nous passions devant la première place où poser la voiture (le long de la route), trop tard : nous sommes embarqués dans la seule rue qui traverse le patelin. Et là, on se croirait dans une station de ski dans les alpes : anoraks dans les vitrines, fauteuils en terrasse recouverts de peaux de bête, braseros. On est Megève ! C’est totalement décalé comme endroit. Impossible de nous arrêter tellement il y a de monde. Ce village est en réalité le départ des pistes de ski qui culminent à 2300m (23km de pistes avec 8 rouges, 11 bleues et 3 vertes). Le domaine est ultra-damé pour faire tenir la neige le plus longtemps possible. A 1h30 d’Athènes, c’est le rendez-vous du gotha grec. 

Arachova 2000

Nous rentrons de nuit car le soleil se couche à 17:30 en ce moment ici. 

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