
Ce dimanche, pas d’horaire, pas de visite guidée mais simplement une découverte nez au vent du quartier du Pirée. Kifissia se réveille doucement…à 10h30 quand nous partons prendre le métro. Nos rues sont très arborées et calmes ce qui change de l’agitation du centre ville. La routine du matin consiste à nous rendre à la station de métro de Kifissia (terminus de la ligne 1, il y en a 3 ici plus un genre de RER qui dessert l’aéroport) en passant par la rue commerçante avec notre sac poubelle et nos déchets à recycler à la main. Car dans les immeubles, aucun container : tous sont dans la rue y compris pour les ordures ménagères. On s’y fait, c’est une habitude à prendre.
Comme partout le lieu de rencontre du matin, en semaine comme en week-end, c’est le café. Les athéniens en boivent toute la journée, glacé ou en expresso, en capuccino ou à la turc, c’est LA boisson d’ici. Une personne sur deux croisée dans la rue porte son gobelet avec une paille qui dépasse. La loi anti-plastique n’est pas prête d’être votée ici 😩. Mais en cette heure encore matinale, la moyenne d’âge est franchement élevée : les jeunes doivent encore dormir ! Nous notons également que finalement assez peu de personnes fument ici. Étonnant et tellement différent de mon fournisseur qui allume cigarette sur cigarette et les écrase après avoir tiré 3 fois dessus.



Donc direction l’autre bout de la ligne de métro verte. Cela dure une heure et nous traversons tout Athènes du nord au sud. Le Pirée est le port historique d’Athènes et de la Grèce. C’est l’un des plus importants de la Méditerranée orientale et dans le top 10 européens. D’ailleurs les chinois ne s’y sont pas trompés : ils l’ont acheté en 2016 lorsque le Premier Ministre Tsipras l’a vendu pour une bouchée de pain (400m€). Mais nous ne voyons aucune installation industrielle d’où nous sommes : seuls les ferries desservant les îles sont garés à cet endroit. En pratique, le port industriel est plus à l’est.



Dans l’Antiquité, le Pirée était déconnecté du continent. Pendant une grande partie de l’année, la terre était recouverte d’eau. Au fil du temps, la région est devenue vaseuse et les inondations ont cessé. En -500, le port est fortifié. En plus du Pirée, deux autres ports sont utilisés sur la partie sud. Dans l’Antiquité, le fait que ces anses soient protégées des vents, de la houle et en eau profonde, a offert un avantage militaire et commercial énorme à Athènes qui a pu étendre sa domination maritime sur toute la Méditerranée. Aujourd’hui, le port de Zea est celui qui accueille le plus de bateaux de plaisance dont deux belles bêtes de plus de 100m de long accostées lors de notre venue : le O’Pari (dernière sortie des chantiers grecs, dispo à la location) et Al Mirqab, « barque » de 133m de long de Hamad ben Jassem al-Thani, ancien premier ministre du Qatar (pas dispo à la location).



Le quartier n’a pas beaucoup d’intérêt architectural et la seule cathédrale orthodoxe est fermée le week-end. Mais il est très agréable de flâner dans le quartier des athéniens sans touriste. Après un déjeuner excellent fait de fritures et de calamars frits (et le dessert toujours offert en fin de repas), nous attaquons l’ascension du quartier de Kastella. Il faut du physique car ça grimpe fort, très fort pour atteindre le sommet. Cet arrondissement d’Athènes, historiquement autour du Pirée, est maintenant ultra-prisé des Athéniens qui dépensent des fortunes pour rénover des maisons qui ont vue sur la mer. Au-delà du prix, il faut maitriser le démarrage en côte et le créneau en pente pour y vivre. Sinon, il faut oublier.



Nous redescendons en tapant les ongles dans les pointes des baskets pour arriver sur le plus petit port de Microlimano, lui aussi fort apprécié des Athéniens qui viennent déjeuner en famille. Il faut dire qu’il fait tellement bon en cette fin novembre : 22 degrés. Les terrasses sont prises d’assaut pour le déjeuner à encore 16h. On se pose au soleil à regarder les voiliers rentrés au port après leur journée de régate avant de rentrer en métro à la maison. Une horde de gamins en guenille et hurlant dans la rame font monter la pression d’un coup. Tout le monde se regarde, en se demandant ce qui peut bien ce passer avec une pointe d’anxiété quand même. Les deux femmes plus âgées, qui pourraient être leurs mères (ou pas), ne bronchent pas pendant que ces petits chiens fous mettent la pagaille dans le wagon. Nous rangeons téléphones mobiles et tout ce qui dépasse puis nous décidons finalement de descendre à la première station pour prendre le métro suivant.
Cela nous laisse un sentiment particulier de voir de si jeunes enfants, mendiants, se comporter déjà comme des voyous alors qu’ils devraient être bien nourris et à l’école pour s’en sortir. Comment nous pouvons, en tant que société, laisser ces jeunes à l’abandon. Cet incident nous a marqué.
Nous nous consolons en allant manger une pizza. Nous faisons un effort pour y arriver à 20h30, ce qui commence à être un horaire raisonnable. Les pizzas commandées sont super bonnes mais juste gigantesques : 40cm de diamètre ! Qu’est-ce-que les proportions sont grosses ici, c’est du délire. Nous arrivons difficilement à la moitié et repartons avec notre doggy bag qui nous fera un autre repas complet à la maison.



Waza.
De mémoire les chinois ont acheté 1/2 Pirée, ont viré 30% des dockers : les autres ont accepté de baisser leurs salaires… et de bosser. Les dockers de l’autre moitié du port sont souvent au chômage technique à force d’abus notamment dans les temps de déchargement ou de prestations de services.
Pour les ongles, ils ont dû se rappeler la cavalcade précédente.
Profitez bien de cette fin de séjour.
Quelles nouvelles du Covid-19 à Athènes ?
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Waza
Pour la Covid, c’est remonté au niveau « ambre » mais cela ne change pas grand chose dans le vie de tous les jours. En tout cas rien de notable si ce n’est de sortir notre passe sanitaire et notre passeport à chaque fois que l’on entre dans une boutique.
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