Peloponèse 2 : Monemvasia et Nafplion

On se régale au petit-déjeuner de notre hôtesse. Nous dégustons entre autre le fameux raisin sec de Corinthe : un pur délice. Je ne suis pourtant pas fan des raisins tout rabougris que l’on a chez nous. Ici, il est charnu et très doux. On en met dans le fromage blanc grec du matin avec du miel, des céréales et des pruneaux 😋. Autre dégustation : le café grec (enfin turc mais spontanément ils disent grec) : il est doux et crémeux. Dommage que je me suis mal fait comprendre et que la serveuse l’a un peu trop sucré.

Après Mystras, nous prenons la route plein est pour rejoindre la côte. Direction un autre lieu impressionnant : Monemvasia. Cité fortifiée, la ville est cachée derrière un énorme rocher posé sur l’eau. Son nom vient d’ailleurs de deux termes grecs, moni et emvasia, signifiant « unique chenal » ou « unique embarcadère ». L’intérieur de la ville aux toutes petites ruelles piétonnes fait penser à l’intérieur du Mont St Michel. C’est bluffant même si c’est très touristique avec des boutiques de souvenirs et des restaurants en enfilade. Toutes les maisons sont magnifiquement rénovées. On se laisse porter par l’histoire du lieu qui a été alternativement sous le contrôle de notre Guillaume de Villehardouin (francs), des Ottomans (avant l’invasion) puis des Vénitiens qui en font un de leur comptoir.

Après un trajet dans les montagnes du Péloponnèse où l’on croise 3 voitures et 300 chèvres, c’est Nafplion (ou Nauplie en français) qui nous sert de nuit étape. Même Lamartine y a fait une halte (Voyage en Orient). Le lendemain, dimanche 28, notre élan pour partir à l’assaut de la citadelle est bloqué par un nouveau marathon (semi celui-là, mais bon, on est un peu maudit des courses à pied). Du coup, en attendant que l’effervescence retombe, nous quittons la ville pour Epidaure, à 30km de là.

Épidaure est connue pour être le lieu du plus célèbre théâtre antique qui serait le mieux conservé d’Europe. Il peut contenir 12000 personnes assises et dispose d’une acoustique parfaite. Le site servait de lieu de repos et d’animation pour les curistes qui venaient se faire soigner dans le sanctuaire d’Asclepios, Dieu de la médecine, fils d’Apollon et père d’Hygie et Panacée (ses deux plus connues en tout cas). Son principal attribut est le bâton d’Esculape (nom français d’Asclepio) autour duquel s’enroule un serpent, symbole de la médecine. Hypocrate est l’ancêtre de la dynastie de médecins issue du culte d’Asclepios. Bon, voilà pour la partie mythologique et historique.

Le site archéologique est composé de nombreux temples malheureusement à 95% par terre, la faute aux tremblements de terre et aux nombreux pillages qui ont suivis pour construire des églises chrétiennes et des mosquées. A noter : sans doute le premier hôtel de l’histoire constitué de 160 chambres. Ils avaient même prévu deux parties, dont l’une pouvait être fermée en basse saison ou servir à isoler les curistes lors d’épidémies. Trop forts les grecs ! Un petit café au soleil (il fait déjà 20 degrés) et hop, retour à Nafplion.

Et c’est reparti pour une escalade verticale de la falaise qui permet d’accéder à la citadelle par des escaliers. L’accès est bloqué par une vague cordelette en plastique mais tout le monde passe dessous. Alors on fait pareil. Arrivé en haut après avoir sué sang et eau, je m’avance vers la guérite pour payer mon obole au fonctionnaire municipal de permanence. Et ben nan : c’est gratuit aujourd’hui. Cool ça. Et pourquoi s’i-ou-plé ? Parce que c’est le marathon de Nafplion, le jour anniversaire de la libération de la citadelle du joug turc et la fête du saint local à qui est dédiée la chapelle. Trop trop cool alors.

Le panorama depuis la forteresse de Palamide (et non Palmipède 🤪) est époustouflant. Le soleil est de la partie et malgré l’altitude nous restons en t-shirt. Sur le chemin routier que nous prenons pour redescendre, nous croisons un couple de Papy-Mamy avec leur fils et leur petit-fils récoltant des olives. Nous nous arrêtons pour échanger en baragouinant en anglais et un peu en français car Panos (le Papy) bricole vaguement notre langue. Je demande à la Mamie si je peux essayer : elle me tend un râteau pour les aider à retirer les olives des branches. C’est assez facile…quand ça dure 10 minutes. En cette saison, la récolte est destinée au pressoir pour faire de l’huile. Pour les olives à manger, nous comprenons que la récolte est en octobre.

Après un rapide en-cas avalé à la terrasse d’une pâtisserie locale (Sophie se régale de la fameuse pâtisserie grecque), nous reprenons la route pour Mycènes. Même si le site date de l’ère pré-hellénique (-1500 av JC, âge de bronze), nous abandonnons l’idée de payer 12€ pour faire le tour d’une colline de pierres et d’une unique porte rénovée.

Le retour sur Athènes se fait au son des podcasts de Generation-Do-It-Yourself (Albert Moukheiber et Gaspard Koenig pour ce week-end) dans la circulation autoroutière au milieu des Athéniens qui rentrent de leur week-end comme nous. Nous restons étonné du nombre astronomique de péages sur ces autoroutes : tous les 20km, on passe à la caisse.

Après 3 semaines à Athènes, nous prenons nos habitudes et trouvons notre chemin sans GPS. Nous nous amusons à rentrer « presque » chez nous.

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