Chazeau-St Alban sur Limagnole 14km

Comme nous avons une petite étape ce vendredi, nous prenons notre temps. Mais finalement, nous quittons nos hôtes à 9:30 pour attaquer la seule difficulté du jour : les 300m de dénivelé dès la sortie du gîte.

Rapidement, nous rejoignons Brian et Daphné, Californiens de Berkeley. Brian ressemble à Jeremy irons mais avec les cheveux longs. Il parle plutôt bien français. Et comme cela semble lui faire plaisir de parler la langue de Molière, nous faisons quelques foulées ensemble. Il a appris le français à l’école mais surtout l’a pratiqué en Suisse. Il nous demande le nom de telle ou telle plante en français. Ah ben là mon gars, avec Sophie et moi, tu es tombé sur des clients car au niveau des végétaux, c’est notre rayon. Nous avançons car sa sœurette va plus lentement. Sur le plateau, nous tombons sur une plante bizarre. On se dit : tiens on va attendre Brian pour lui demander son avis. Vous nous croirez si vous voulez mais le gars la connaissait et elle vient de Californie : Veratrum californicum est une espèce de plantes de la famille des Liliaceae. Il nous scotche le Brian. Nous apprendrons plus tard qu’il était professeur de SVT !

Nous atteignons le Sauvage. C’est un site perdu au milieu de la colline mais qui comprend de nombreux bâtiments en corps de ferme du moyen âge. Historiquement le Sauvage est un hospice du XIIIe siècle. Le domaine principal fournissait l’Hôtel-Dieu du Puy en viande et en céréales. Il est également un grand gîte-étape qui servait de relais pour les marcheurs à l’époque où ceux-ci faisaient des tronçons de 70 km par jour. C’était une autre époque où le pèlerin marchait en sandales de cuir voire de bois, couvert d’une grosse cape en laine pour se protéger. Encore aujourd’hui, le Sauvage est un accueil Jacquaire très réputé.

Nous quittons la Haute-Loire par le col du sauvage et arrivons dans le département de la Lozère (48) et quittons le pays du Gevaudan. Nous sommes à près de 1300 m d’altitude, point haut de tout nos parcours : désormais ça descend jusqu’à Cahors (220m). Le temps est magnifique mais le vent du nord est glacial. Nous n’osons imaginer le mois de janvier ici.

Nous passons voir la fontaine Saint-Roch, saint des Pèlerins de St Jacques (dont nous avons déjà parlé précédemment). Il se trouve que ce col était aussi la croisée de différents chemins qui venaient du Puy pour aller en Aquitaine, à St Jacques, St Gilles. C’est aussi la ligne du partage des eaux : désormais tous les cours d’eau se jette au sud dans le Lot puis la Garonne.

A La Chapelle Saint Roch, nous avons la chance d’être accueilli par un papy qui fait partie d’un groupe de bénévoles gérants la chapelle. Il tamponne aussi la Crédenciale avec un joli tampon de Lajo. Nous n’avions encore jamais eu ce type d’accueil. Nous versons notre obole avec plaisir pour soutenir ces initiatives.

Le gîte de l’Oustal de Parent près de St Alban sur Limagnole est atteint à 13h30 après 4h de marche (quand on vous dit que l’étape était courte) et en profitons pour grignoter léger pour reposer notre corps des quelques excès de la veille. Nous rencontrons des marcheurs déjà connus et d’autres nouveaux. Et il y en aura du monde car le gîte attend 50 personnes à dîner. Va y avoir de l’ambiance ! On en profite pour passer une après-midi décontractée yoga-soleil-écriture pour moi et Rolland Garros pour Sophie (elle n’avait encore rien vu du tournoi).

Nous faisons la connaissance de Viviane et Alain qui font leur première marche avec la malle-postale (transfert de bagages entre les étapes). Ils viennent des Vosges, alors ce sont forcément des gens biens comme tous ceux des autres régions d’ailleurs. Nous décidons de passer le dîner ensemble : les discussions autour de quelques verres de vins sont rapidement assez profonde sur le pourquoi on est là. Il y a des cassures et des cantines qui sont tirées depuis des années et qu’il n’est jamais trop tard à laisser derrière soi. Mais pas toujours facile d’admettre que ce qui fait patiner ne m’appartient pas toujours. Je peux décider de ne plus l’accepter et le rendre à son propriétaire.

« Penser l’impossible » Mozart l’opéra rock, paroles inspirantes du jour.

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