Aumont Aubrac-Nasbinals 24km

Traditionnellement les réservations dans les gîtes se font sans verser d’acompte. Le marcheur est naturellement honnête et de bonne foi. Sauf que certains petits malins ne sachant pas quelle distance ils vont parcourir, font des réservations dans des gîtes à 15, 20 et 25 km. Du coup ils bloquent les places et empêchent certains marcheurs d’avoir de la disponibilité. Désormais, les hébergements demandent des acomptes pour sécuriser la place. Ah le yield quand il faut aussi gérer l’overbooking et les no-show sur le Chemin…

Pour la première fois nous décidons de quitter le chemin notre GR 65 pour suivre les conseils d’un groupe de marcheurs. En effet toute la sortie de Aumont Aubrac sur 6 km longe la départementale ce qui n’a aucun intérêt et est plutôt dangereux. Nous prenons donc une partie du chemin du tour de l’Aubrac et rejoignons 1h30 plus tard notre tracé.

Et ce moment est à marquer d’une pierre blanche, enfin noire pour le coup, puisque nous venons de franchir les 100 premiers kilomètres. Un groupe nous prend en photo pour marquer ce premier jalon. Trop contents d’être déjà arrivés là. Il nous en reste environ 250 jusqu’à Cahors. Et jusque là, rien a signalé. On dit souvent que le poids du sac est le poids de la peur, et bien c’est bon signe car on ne sent plus notre sac. C’est qu’on n’a plus peur.

Super rythme à 15mn/km ou 3,5km/h. Finalement nous ne prenons qu’une pause déjeuner de 15-20minutes souvent dans un site magnifique. Aujourd’hui nous traversons le plateau de l’Aubrac. C’est vraiment le cliché de ce que l’on imagine : grande plaine herbeuse, quasiment aucun arbre, des parcelles séparées par des haies de pierres grises, et un vent froid qui, malgré le temps ensoleillé sans aucun nuage, nous empêche de retirer la polaire.

Hormis les marcheurs, nous ne croisons pas grand monde. Même les avions dans le ciel ne passent pas au-dessus du plateau de l’Aubrac. C’est pour dire que c’est perdu ! Mais par contre c’est d’une beauté époustouflante. Nous n’avons pas l’habitude de ces paysages de landes à perte de vue, avec quelques collines qui sont le site des micro villages. Aucun doute que l’hiver doit être rude ici, à 1200m d’altitude. Et le plateau est assez grand puisqu’un chemin de randonnée en fait le tour en 180 km. Nous le traversons par une petite partie sud entre la Lozère et l’Aveyron. Au nord se trouve le massif du Cantal à 1800m.

Par contre, le business du pèlerinage associé au tour de l’Aubrac est toujours présent lui, A Rieutort en Aubrac, village de 10 maisons, une locale a installé une petite cabane et propose une halte snack et quelques tables que les marcheurs en mal de pause apprécient.

Les derniers 6 km sont toujours sur le plateau mais nous longeons une route asphaltée jusqu’à Nasbinals. C’est bien plus roulant mais vraiment pas agréable pour marcher. D’ailleurs tous autant que nous sommes utilisons surtout les bas-côtés qui, s’ils sont moins rapides, sont beaucoup plus confortable pour les pieds et les genoux.

Nasbinals est un village magnifique : c’est le plus beau que l’on ait vu depuis le départ. En tapant la causette avec la patronne du bar, nous apprenons que ce bourg a été habité par des aveyronnais qui sont montés à Paris. Certains y ont fait fortune et ont décidé de rénover puis d’entretenir l’endroit qui les a vu naître.

Belle surprise : nous prenons un thé avec Sébastien, mon ami de la Cordée, mon groupe d’entrepreneurs avec lequel nous échangeons tous les vendredis. Il passait son week-end près de Laguiole avec son épouse et leur fille (pour déjeuner au Suquet de Bras) et ont fait un petit crochet pour nous voir. C’était très sympa.

A 18h45, nous nous rapprochons de notre lieu du dîner qui se trouve à 500m de l’hôtel, qui ne fait pas à manger. 500m, ça ne paraît rien du tout ; et pourtant, ils coutent ceux-là ! En fait, le gars qui gère le bar-resto détient 5 établissements dans le village. Tout est piloté du bar avec le logiciel qui va bien. Ils ont toujours été bons les bougnats ! Nous dînons à côté de locaux qui sont nés et vivent à Neuilly mais qui viennent régulièrement dans leur maison de famille. Vu la taille des diamants de la mamie, les affaires ont dû être bonnes à Paris. Le couple nous explique combien la vie était dure sur l’Aubrac mais aussi que les éleveurs encore en activité aujourd’hui ne sont pas malheureux du tout.

Citation du jour qui va bien pour le Chemin :

Le plus difficile est de se décider à agir, le reste n’est que de la ténacités

Amélia Earhart

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