Poème

Aujourd’hui, nous partageons un poème.

Lors de la visite d’une chapelle dans le Gevaudan, une marcheuse solitaire âgée s’est retournée vers nous et nous a dit « c’est tout ce que je vous souhaite ».

Cela nous a ému.

Nous le dédions à tous les amoureux. Longue et belle vie.

Jusqu’au bout du chemin


Ils ont, à tous les deux, cents quatre-vingt printemps :
Ils marchent côte à côte et lorsqu’un court instant,
Les circonstances font que l’un d’eux s’éloigne,
L’autre, par le regard ou l’esprit, l’accompagne.

Tous les deux distingués, simples, accommodants,
Ont une âme sensible et le cœur tolérant.
Ils ont les mêmes goûts et la même culture :
Les voyages, les arts, la changeante nature.

Ils aiment la jeunesse et vont vers les enfants
Et, se penchant sur eux, mêlent leurs cheveux blancs ;
Ainsi va leur chemin enrobé de tendresse,
De mille petits riens qui rappellent sans cesse
Que l’orage jamais n’assombrira leur ciel,
Car ils savent border leur route de soleil ;

Et, près de leurs cent ans, ils savent bien la suivre
C’est qu’ils ont un secret : celui de l’art de vivre.
Ils ne vieillissent plus : ils ont depuis longtemps
Arrêter le ravage et la marche des ans.

Lorsque sonnera pour eux l’heure dernière,
Chacun récitera pour l’autre la prière
De la fidélité, pour demander au sort,
De les laisser unis au moment de la mort.

Marie Jouvence
(Aux vents de Margeride)

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