Désormais, nous y sommes. Enfin. Après deux ans de report à cause de la Covid, nous prenons la direction du 80e parallèle pour une nouvelle expérience. Une double en fait. Nous partons dans le Grand Nord, à quelques encablures de la banquise (qui se trouve au 82° Nord). Et à bord du paquebot Le Boréal de la prestigieuse compagnie Ponant. Cette croisière est un cadeau de mes parents, qu’ils offrent à mon frère Nicolas et son épouse Evelyne ainsi que Sophie et moi.
Parcourant les brochures commerciales reçues régulièrement à la maison ou écoutant les récits des croisières passées de mes parents, nous sommes déjà transportés dans un monde exclusif et luxueux, très loin de l’image des paquebots-cargos de 3 ou 5000 passagers qui écument les mers des Caraïbes ou de la Méditerranée pour le compte de Carnival Cruises, MSC et autres Costa.
Pour cette première expérience en mer, aucun doute que l’on va vivre un moment à part. Enfin, première expérience, pas tout à fait. Nous avions passé quelques nuits à bord de supers ferrys qui relient Helsinki (Finlande) à Tallin (Estonie), de Riga (Lituanie) à Stockholm (Suède) puis retour à Helsinki. On avait trouvé cela assez sympa de pouvoir profiter d’un temps long à déambuler sur le bateau, flâner entre les nombreux lieux d’animation et profiter des levers et couchers de soleil magnifiques. Les enfants âgés d’une douzaine d’années avaient appréciés ces moments de liberté dans un environnement clos. Nous avons gardé un souvenir tout aussi impérissable d’une nuit au pont 3 (le ferry en comptait 8 ou 9), sans hublot, donc sous le niveau de la mer mais surtout sous le niveau des deux parkings à véhicules ! C’est notre référentiel de la croisière à ce jour.
L’embarquement à 6:30 nous contraint à un lever qui pique un peu (4h). Mais il ne faut que 15mn à pied pour rejoindre le terminal 3 de CDG pour embarquer à bord de l’avion spécialement affrété par la compagnie. A bord, le ton est donné avec des appuie-têtes siglés Ponant et un petit déjeuner servi dans de la vaisselle et avec des couverts en métal. C’est le standard d’une business class dans un fauteuil de charter. Notre voisine italienne, qui paraît très bien élevée, découpe à la fourchette et au couteau son croissant pour ne manger que l’extérieur grillé de sa viennoiserie en laissant le coeur plus blanc. Etrange comme dégustation. A sa décharge, un croissant d’avion n’est pas un symbole de gastronomie non plus.
Nous suivons la route prise par le Commandant Charcot, qui a rejoint le pôle nord sur sa goélette en 1908-1910. Cela secoue un peu en longeant les côtes. Pour la première fois, j’entends un pilote nous commenter les éléments techniques du vol : masse au décollage, quantité de kérosène embarqué. Rigolo.
L’arrivée se fait dans un aéroport de bourgade avec un tapis à bagage et trois policiers en faction qui ne font pas montre d’un grand zèle. Deux bus nous attendent pour nous faire faire une petite excursion dans la capitale du Svalbard, Longyearbyen et ses … 2300 habitants. Ah oui, quand même.




Nous passons devant l’un des sites regroupant les réserves mondiales des semences du Svalbard qui est une sorte de chambre forte de toutes les graines du monde. Il y a un musée qui se trouve dans le centre universitaire pour ses 200 étudiants (beaucoup d’étrangers) qui viennent étudier la géologie, la glaciation, etc. Franchement, vu les distances, on aurait presque pu tout faire à pied. Allez zou, il est 15h, nous embarquons à bord du Boréal.
Le bateau est magnifique, ultra raffiné et très chic. Toute la déco est harmonieuse, les couleurs douces et reposantes, relevées de-ci de-là par une pointe de rouge vif très discrète. Après la serviette chaude, nous sommes accueillis par le commandant et une coupe de champagne le temps de faire les formalités : dépôt du pass sanitaire et du test PCR, du passeport (c’est une obligation ici en cas de contrôle portuaire…mais il n’y a plus de port) et la prise de photo. La chambre (oops, pardon) la cabine est superbe, très spacieuse avec plein de rangements, une belle douche dans un tel espace, une literie ultra confortable et, cerise sur le gâteau, un balcon pour profiter pleinement du paysage.





Mais à peine le temp de défaire les bagages que nous sommes invités au théâtre pour le briefing par le Directeur de la Croisière (le chef GO dans un autre lieu à terre) qui nous explique ce qui va se passer. Le commandant nous annonce que, vu les conditions météo actuelles, nous allons pouvoir monter jusqu’à la banquise et faire le tour du Svalbard. Il vient en effet d’être qualifié par les autorités arctiques pour contourner tout le Svalbard. Sinon, le programme prévu était de rester sur la côte ouest du nord au sud.
Ensuite, nous enchainons avec l’exercice d’abandon du navire, lui aussi obligatoire. Après avoir entendu la sirène d’alerte (7 coups courts et un coup long), nous regagnons notre cabine, tentons d’enfiler notre gilet de sauvetage. Nous regagnons le lieu de rassemblement pour nous assoir bien les uns à la suite des autres non sans avoir été séparés en deux groupes distincts (selon le chiffre sur notre filet) afin d’être répartis dans des chaloupes (ça, on ne le fait pas mais on passe dessous quand même pour voir où elles se trouvent). C’est très sérieux et ça nous met une pointe de Titanic dans la tête. Pas un truc pour notre ami Loys ça !
Dernière partie du programme du jour : récupérer la parka Ponant qui va nous permettre de faire les sorties sur l’eau en zodiac et sur les glaciers en étant protégés du froid et du vent. Tout le monde se retrouve finalement avec le même uniforme rouge vif flanqué d’un gros « expédition polaire Ponant » dans le dos.







Et bien, elle s’annonce merveilleuse cette « petite » escapade. On attend donc la suite des photos pour profiter aussi un peu avec vous 😉 bisou
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C’était exceptionnel Anita. D’autres photos à venir
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Effectivement, c’est un magnifique cadeau qui laisse augurer des moments inoubliables !
Bon périple à vous.
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ça l’était. D’autres posts à suivre.
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