Jour 3 : qui a vu l’ours ?

Ce jour c’est le safari à l’ours. L’endroit où nous étions au mouillage était pris dans un brouillard épais. Il a compromis les deux randonnées prévues au programme : la première « plus physique » le matin et l’autre normale l’après-midi. Comme dans ce genre de croisière expédition, l’itinéraire peut être chamboulé en fonction de la météo, des glaces ou de la présence d’animaux. Le Commandant décide donc de quitter le fjord où l’on était pour partir à la recherche de l’ours polaire. 

L’association AECO qui gère les parc nationaux marins et terrestres régulent la présence des bateaux et le nombre de personnes qui est autorisé à accoster tous les ans. Par exemple, il est interdit d’avoir deux navires dans le même fjord au même moment. Quand le programme change, il faut que les commandants se coordonnent entre eux. Je pensais que cela se passait comme avec le contrôle aérien qui détermine l’ordre et la route des avions. Ici, cela se passe par l’échange d’un tableau excel et par mail entre commandants. Vu la qualité (très) faible du signal internet, il n’est pas facile de partager l’info et satisfaire tout le monde. 

En tout cas, un ours a été observé à trois heures de navigation de notre point de mouillage. C’est parti : moteurs à fond, barre à gauche et on y va. Pendant ce temps, on va se sustenter au restaurant. Nous avons invité à notre table Laurie, la responsable commerciale et Nicolas l’un des deux second-capitaine. Ils  ont tous les deux navigué sur le Paul Gauguin, autre paquebot Ponant basé en Polynésie. Nicolas y vit en permanence mais est actuellement en formation « glace » pour pouvoir naviguer en Antarctique. C’était sympa de discuter du Fenua mais aussi de leur vie de marin à bord : 4 mois chacun et un mois de repos : c’est un rythme de vie à part. Mais ils adorent ça…à leur âge en tout cas (30-35 ans). 

Arrivés sur zone, nous avons la chance de voir une maman ours et son petit qui terminent leur repas sur une carcasse. Les zodiacs sont mis à l’eau et nous nous équipons en cosmonautes même si la température n’est pas vraiment froide (5-8°). L’observation se fait à 200m au large et ne dure pas plus de 20mn pour ne pas prendre le risque de faire fuir les animaux et donner l’opportunité à tous les passagers motivés de les observer. Après deux heures, la maman et son ourson quittent le site, pas effrayés par nous mais par l’arrivée d’un mâle. Ils s’éloignent rapidement le long de la lagune en passant par la mer pour ne prendre le risque que l’ourson se fasse tuer par le mâle, espérant ainsi pouvoir s’accoupler avec la femelle une nouvelle fois cet été. L’ours ne les poursuit finalement pas, n’y ne s’occupe des nouveaux zodiacs qui sont venus le regarder : ronger les os et la graisse qui restent est l’activité la plus importante. Nous les suivons aux jumelles comme des explorateurs (de luxe) que nous sommes. Aux jumelles, il est plus facile de trouver des cailloux que des ours ! ou des « caillours » (quand on ne sait pas trop)…

L’équipage du voilier qui avait partagé l’info sur la localisation des ours se voit offrir une bouteille de vin par le commandant en remerciement : certains ne partagent rien voire donnent de mauvaises coordonnées. Ambiance en Arctique ! 

Nous reprenons la mer le temps de la traversée vers un îlot plus au nord. Pour occuper le temps, un peu de yoga au pont 5 (pas facile les équilibres avec le roulis) et lecture puis changement de tenue pour se retrouver à l’apéritif. Ce soir, c’est dégustation de pata negra accompagnée de champagne. Moment délicieux et musical avant d’aller dîner. La traversée hors du fjord nous permet d’arriver en mer en laissant la brume derrière nous. Un grand soleil éclaire l’îlot des morses : il est 21h30. Nous enfilons de nouveau notre parka sur nos vestes et tailleurs pour observer la colonie de morses à la jumelle avec les explications de l’équipe de naturalistes. Les sentinelles morses surveillent à bonne distance le bateau et s’approchent pour évaluer le danger. Le spectacle est superbe.

Nous nous couchons à minuit sous une luminosité de 16h. C’est assez déroutant. Mais le roulis du navire et le ronronnement des moteurs nous bercent et nous transportent dans les bras de Morphée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

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