La nuit a été consacrée à la traversée du Svalbard pour rejoindre l’île de Barents. Nous y passons une partie de la matinée car il faut redescendre du 81e parallèle au 78e. Une minute de degré = un mille nautique = 1850 m, donc descendre de 3 degrés = 3 x 60 x 1,850m = 330 km.
La matinée est interrompue par l’observation d’une ourse qui se prélasse. Le commandant stoppe le navire, le fait tourner proue vers l’avant pour que tout le monde puisse l’observer. Mais il ne faut pas trainer car on n’est pas arrivé sur zone pour la sortie de l’après-midi. Nous passons au théâtre pour assister à la conférence d’une chercheuse qui nous présente les glaciers et les fjords : très intéressant mais un peu pointu (notamment sur les isotopes de molécules d’oxygène qui permettent de dater l’âge de la glace !)
Au déjeuner, Bernard Ringeissen, qui était au dîner du commandant lors du premier dîner de gala, se joint à nous. Le vieux monsieur de 88 ans a été un grand pianiste à la carrière internationale qui a joué en soliste et dans les plus grands orchestres de la planète toute sa vie. Il avait passé l’apéritif avec mes parents invités par le commandant car les Grands Amiraux et les Commodores (les plus hauts grades du programme de fidélité Ponant : mes parents en sont à leur 14e croisière et Bernard à sa 23e). Il est cabot comme un artiste mais encore espiègle et passionnant à écouter raconter ses vieux souvenirs.












L’après-midi est consacrée à une descente à terre et à une petite marche. Cela fait du bien de se dérouiller les jambes car si on a fait 10,000 pas depuis le début de la croisière, c’est le bout du bout. Nous partons en observation d’une mouette (enfin 10 ou 15 000) nommée la mouette tridactyle pour le bout de ses ailes noires qui est une espèce pélagique (vit en pleine mer sauf pendant la reproduction). Elle niche en juillet et s’occupe de son petit qui a entre 1 et 3 semaines. Nous qui ne sommes pas très fans d’oiseaux, il faut admettre que le spectacle est très beau surtout lorsqu’il est agrémenté des commentaires de l’ornithologue qui nous accompagne. Nous escaladons une colline pour découvrir la tanière d’une maman ours faite pendant l’hiver pour s’occuper de son petit. Le mâle lui reste solitaire et continue sa quête de nourriture.
Retour au navire pour se préparer comme il se doit pour le diner de gala qui a lieu l’avant-veille du débarquement. Nous nous remettons sur notre 31 mais nous ne sommes pas invités une nouvelle fois à la table du Commandant: il faut bien que ça tourne. Cette soirée est aussi faite pour mettre en avant tout le personnel du bord, les petites-mains qui bossent jour et nuit pour que cette croisière soit un succès. Toutes les équipes sont présentées, depuis le fond de la machine, les cuisines, le restaurant et le bar, les gouvernantes et lingères jusqu’au pont le plus élevé avec le personnel de la passerelle. C’est sympa de les rencontrer : cela fait 150 personnes pour 250 passagers (nous sommes 180 sur cette croisière) ce qui fait un ratio d’hôtel de luxe.







Nous regagnons le bar du grand salon histoire de finir la soirée avec un digestif. En guise de fin de soirée, cela a été plutôt le début d’une nuit plutôt animée. Le pianiste et la chanteuse enchainent quelques chansons et Sophie m’entraine pour danser un rock en même temps que Fanny, une des naturaliste et son cavalier de circonstance. Une grande partie des personnes présentes nous rejoignent et la soirée commence.
Vers 23h, les chanteurs quittent le salon et sont remplacés par Sacha qui installe ses platines. Les barmen sont toujours actifs et les boissons, sans limite, coulent à flot. Un peu trop d’ailleurs pour une naturaliste qui finit la soirée totalement fracassée. Il faut dire que l’on va de cocktails au champagne en passant par des shots d’aquavit norvégien ! Evelyne, Sophie, Nico et moi restons sur la piste jusqu’à 3h du matin pas frais nous plus. La nuit n’existant pas à cette latitude, il fait grand jour au moment où nous regagnons nos cabines avec un casque à pointe qui nécessite un Efferalgan.







