La Bastide-Puylaurent (repos) 6km

Passer une nuit dans un gîte hôtel dédié aux randonneurs a un avantage : à 22h, tout le monde a éteint, et même les lève-tôt sont silencieux. C’est finalement assez respectueux du rythme des uns et des autres. Nous retrouvons notre jeune azerbaïdjanaise au petit déjeuner. Au vu de son étape de 24 km aujourd’hui, elle décide finalement de ne pas se joindre à nous pour visiter l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges.

Nous prenons notre picnic du jour et décidons de partir pour 6km de récupération (façon cyclistes du tour que se font un « petit » 100km pendant la journée de repos). Ce village de La Bastide Puylaurent est finalement assez animé. Il dispose de trois hôtels, une gare TER et une petite épicerie qui fait en même temps bistrot. C’est le point de ralliement de tous les randonneurs qui continuent sur le chemin de Stevenson et qui ravitaillent. Il faut rajouter un point retrait d’argent du Crédit Agricole et dehors une aire de réparation de vélo incluant le gonflage des pneus de VTT.

Épicerie La Bastide

Nous croisons (vraiment pour le coup, puisque nous allons dans un sens et eux dans l’autre) notre couple de grenoblois Benoît et Béatrice. Ils ont eu la chance de pouvoir trouver une chambre dans l’abbaye hier soir plutôt que de dormir dehors dans leur tente. Respect pour ces randonneurs en autonomie, qui portent lui 15 et elle 13 kilos sur le dos pour être en autonomie complète (au cas où). En plus de 1,5 litres d’eau pour la consommation durant la journée, ils doivent prévoir 3 litres en plus pour le repas du soir constitué de soupe, féculent et un peu de toilette. Et tout ça, il faut le porter en plus du sac de couchage, de la tente et du réchaud 😜. Nous ne sommes pas prêts encore !

Pour un décrassage de jours de repos, nous marchons tranquillement jusqu’à l’abbaye. Nous ne nous attendions pas à un site aussi grand. Le bâtiment du monastère est très imposant et est complété de nombreuses autres constructions. Jusqu’à très récemment, les moines trappistes faisaient du vin à partir des grappes récoltées au sud. Mais cette partie industrielle a été arrêtée il y a une vingtaine d’années. Le visiteur peut déambuler au milieu des vieilles cuves et des anciens outils en bois qui ont servi aux moines depuis 1860.

Notre-Dame des Neiges

Nous visitons une exposition de l’artiste japonais, Kôichi Kurita, qui s’est pris d’amour pour la France et notamment ses terres au sens propre. Comme la région correspond à la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l’Atlantique, il a décidé de récolter 10 000 échantillons de terre de France tout le long du parcours de la Loire, du Mont Gerbier-de-Jonc jusqu’à Saint-Nazaire. Ses échantillons sont patiemment nettoyés de tout cailloux, restes de petits animaux morts et autres matières organiques puis tamisés pour ne garder que les éléments inertes.

Ce monastère a été également le lieu de noviciat de Charles de Foucauld à la fin du XIXe siècle. Une rétrospective de sa vie, notamment en tant que prêtre au Maroc et en Algérie au début du XXe siècle, nous a permis de mieux découvrir le personnage. Tout au long de sa vie, il a tenté de rapprocher les différentes religions du Livre et a dédié son œuvre à l’aide aux plus pauvres. A noter « randonneur » : il a parcouru 200km en 8 jours entre Jaffa et Nazareth en Palestine… et en sandales de cuir M’sieur-Dame !

Bien-sûr, Robert Louis Stevenson y est passé aussi en 1878. Je revis actuellement chacune des étapes de l’écrivain en lisant son livre au fur et à mesure de notre avancée.

Dans les personnages célèbres, il faut rajouter, Robert Schuman, qui est venu s’y réfugier pendant la seconde guerre mondiale au moment où il était résistant. Un procès en béatification est en cours. Nous n’avons pas revu sœur Marie-Baptiste.

Le retour à notre pension en début d’après-midi se fait sous une pluie d’orage encore petite à cette heure mais qui ne fera que s’intensifier tout l’après-midi pour finir en grêle. Heureux les marcheurs qui sont à l’abri ! Pendant ce temps là, je fais une sieste réparatrice 😴 et Sophie lit. Je suis réveillé au bout d’heure par ma montre qui me dit que je dois me lever !

Après 110km, je rêve.

Nous retrouvons nos randonneurs messins rejoints par deux nouvelles compères de marche. Nous passons un bon moment et rigolons bien. Nous séjournerons dans le même gîte mobile-home demain à Chasseradès.

« Une simple poignée de terre peut contenir toutes les substances de vie de notre planète »

Koichi Kurita

4 commentaires sur « La Bastide-Puylaurent (repos) 6km »

    1. Clairement, un bon petit break pour garder le rythme mais aussi découvrir les sites locaux. Nous avons rarement l’occasion de sortir du Chemin pour découvrir un lieu (ce que l’on fait facilement en voiture). A pied, le crochet coûte cher !

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      1. En fait, quand je bosse, elle me rappelle de me lever. Mais là, avec ce qu’on se bouge, l’algo aurait pu le détecter 🤪

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