Chasseradès – Les Alpiers 17km

Ludovic, notre hôte, nous disait que désormais, il a des randonneurs toute l’année même l’hiver. Traverser le mont Lozère et les Cévennes l’hiver, ça doit être une expérience.

Au moment du départ, je marque l’arrêt sur leur livre de comptes : un simple bloc-notes Exacompta format a4 avec une feuille par jour. Myriam, celle qui tient les comptes, envoie le tout à sa comptable avec les chèques associés ; pauvre comptable qui doit tout ressaisir… Elle me dit en souriant que tout va bien, qu’elle a l’habitude.

Notre hôtesse nous dit au revoir en nous souhaitant une belle vie 😍

Premier franchissement illégal de voie SNCF par Sophie. En fait pas vraiment le premier, car elle est une habituée des fumigènes pour venir soutenir les cheminots en grève qui bloque le départ des tgv !

Hep, vous là-bas !

Avant d’arpenter notre chemin du jour, nous nous arrêtons à la petite épicerie du village : nous aimons bien faire tourner le petit commerce local, même si nous n’avons pas besoin de grand-chose. C’est un peu une question de principe. Le léger détour vaut le coup pour découvrir la magnifique chapelle du XIIe siècle de Notre-Dame de Chasseradès.

Notre-Dame de Chasseradès

Ma gourde du jour est trop remplie, du coup elle déborde et mouille le fond du sac et bien évidemment le haut de mon pantalon. Comme si on avait pas déjà assez d’eau comme ça !

Petite victoire : j’ai passé les huit derniers jours sans café ni alcool. Je me suis fixé ce petit challenge pour voir l’effet que cela aurait sur l’organisme afin de lui permettre de filtrer plus aisément toutes les toxines que j’emmagasine. Finalement ni le café du matin ni le verre de vin au dîner ne me manquent. Sophie, par contre, se fait plaisir avec un verre de vin, bien mérité.

Récupération des pics à neige sans descendre du camion
Mirandol-ywood

Nous passons le col de la Stèle à 1400m (dit le col des camping-cars par notre hôte chasseur d’hier : c’est moins glamour mais plus clair pour les chasseurs au chevreuil) après une belle montée de 300 m avant, bien évidemment, une descente tout aussi abrupte pour rejoindre la source du Lot. Il ne faut pas s’attendre à une cascade gigantesque ou bien un torrent magnifique : c’est plutôt un simple ru qui coule paisiblement jusqu’à Bleymard. Comme le tonnerre gronde, nous en profitons pour faire la pause déjeuner au sec en espérant passer à travers les gouttes.

Source du Lot
Lauze de Lozère

Finalement, plus nous redescendons, plus la chaleur augmente, et le temps se met à devenir ensoleillé. Nous arrivons aux Alpiers, très joli hameau et notre étape du jour. Sur le papier, ce site était le top de nos hébergements. Eh bien la réalité dépasse nos espoirs. Nous découvrons une Pigne qui a été terminée le 7 mai dernier. Elle se situe au bout du terrain de notre hôtesse, qui dispose d’un chalet en hauteur, d’un chalet partagé, d’une petite pigne et d’un tipi.

Pour nous, c’est grand luxe : aucune promiscuité, une réalisation en bois, absolument magnifique, rehaussée par un panorama sur le mont Lozère. À cela, il faut rajouter un soleil rayonnant et deux transats installés rien que pour nous, face à la vue grandiose. Que demande le peuple ! Et comme notre étape était assez courte, nous pouvons buller au soleil comme deux lézards. Nous avions prévu de casser la tirelire pour cette halte et nous sommes comblés.

Chambre avec vue
Grande pigne avec vue

Pour le dîner, nous étions 11 à table et nos hôtes se sont joints à nous. Lui est d’ici et n’a pas voulu reprendre l’activité agricole de son père, ni aucune de ses trois sœurs. Il est devenu moniteur accompagnateur de montagne. Elle vient de Touraine et est l’organisatrice de tout l’hébergement. Comme à chaque fois pour les randonneurs, le repas cale bien mais est succulent (surtout la tarte à la myrtille).

« Et vous, quelle est votre récréation ? »

Marie Robert, philosophe

Laisser un commentaire