

Nous quittons Claude ce matin les derniers car nous avons une toute petite étape de 12 km. Nous restons discuter avec lui face a la vue incroyable sur la vallée et un soleil radieux. Pourvu que ça dure !
Claude est éducateur spécialisé auprès de jeunes et d’adolescents. Comme il est proche de la retraite il travaille deux jours par semaine et s’occupe de son gîte le reste du temps. C’est un homme très généreux à la différence de beaucoup d’hôtes que nous avons eu sur le chemin : nous avons une collation d’accueil, l’apéritif était offert et il nous a servi une omelette aux cèpes incroyable qu’il a dégusté avec nous. Cela nous a permis d’en savoir un peu plus sur ce bourg de Saint Germain de Calberte.
Avec 600 habitants, ce village est assez dynamique, il partage avec Saint-Étienne-Vallée Française, une maison médicale avec deux médecins, un kiné, deux infirmières, une Poste qui fait office de Banque, une micro épicerie, des restaurants. Il y a même une école primaire. Et à Saint-Étienne-Vallée Française, les jeunes peuvent aller jusqu’au collège. Ensuite ils doivent être internes au lycée à Alès. Malgré la rudesse du sud des Cévennes, Claude me dit que les gens ne sont pas malheureux ici. Ils vivent simplement mais n’ont pas beaucoup de besoin. La première ville est à plus d’une heure de voiture et Montpellier à plus de deux. Pas facile d’y aller en voiture quand on voit les vétustés qu’ils ont ici : Renault, 19, Peugeot 205, et autres modèles d’il y a 30 ou 40 ans.
Il reconnaît clairement l’impact du chemin de Stevenson sur la dynamique des commerces et des gîtes. Avec 10 000 (voire 12 000) marcheurs sur le GR70 cette année, c’est 20% de plus que l’année précédente.
Ce qui prend le plus de temps dans la gestion de son gîte, ce n’est pas la partie des repas ou du nettoyage des chambres, mais plutôt l’entretien de tout le reste autour de la maison et du jardin.
Je lui demande pourquoi il n’accepte pas les virements bancaires pour gagner du temps dans les encaissements. Il me répond de façon bien pragmatique : déposer les chèques permet de faire marcher le comptoir de la banque postale du village. Ça se tient.
Sur la descente, nous tombons sur un stand de produits locaux sans personne. C’est comme un petit marché, avec des jus, des conserves, des confitures. Les prix sont affichés pour chacun d’entre eux. On se sert, on ouvre une boîte en métal et on met les sous dedans (il y a au moins 50€ déjà). Leur petite fille de 5 ans réalise quelques pendentifs qu’elle vend également. Elle a une tirelire que l’on peut ouvrir pour y mettre des sous. Et c’est fini. Tout est basé sur la confiance. Nous ne serions pas étonné que ce stand fonctionne plutôt bien.


Nous flânons, nous prenons le temps, nous marchons d’un pas léger, bref on profite. Des fraises des bois bien mûres nous tendent les bras : il n’y a plus qu’à se baisser pour se faire une dégustation savoureuse de bon matin.

Nous passons devant notre gîte d’étape, qui se trouve à 1,7 km du village. Fait exceptionnel : nous décidons d’aller déjeuner dans un bistrot. On n’aime pas trop passer une heure à table : on mange trop et ça casse le rythme ; comme on n’a pas de rythme aujourd’hui, vu que l’on se promène, on n’en profite.
Mais pourquoi St Étienne s’appelle-t-elle Vallée Française ? D’après Wikipedia qui sait presque tout, les deux principales hypothèses sur l’origine du nom de la vallée sont qu’elle était une enclave franque en territoire wisigoth ou aurait été appelée ainsi à l’issue de la légendaire bataille de la Boissonnade. Vallis Franscisca et Val franciscus signifiant vraisemblablement vallée franque ou francesque. L’hypothèse de vallée « franche », exemptée d’impôts, est peu probable.





Nous décidons de passer le temps jusqu’à l’heure d’arrivée, fixée à 15h : je fais trempette dans la rivière qui coule dans la vallée ; l’eau est fraîche mais le croassement des grenouilles et l’écoulement de l’eau sur les cailloux rendent ce moment frais et reposant.

Nous arrivons à la ferme de Patience pour y passer la nuit. Vu le temps toujours aussi ensoleillé et chaud, j’en profite pour faire la dernière lessive jusqu’à la fin. Nos hôtes disposent d’une piscine et d’une plage en bois : la séance de yoga sur le plancher chauffé par le soleil, face à la forêt, est un moment magique.
Notre hôtesse nous régale d’une paella unique sur cette randonnée depuis le départ. Nous sommes avec un groupe de 5 marcheurs et de deux jeunes sœurs aveyronnaises qui sont parties la fleur au fusil histoire d’essayer. Le seul homme dans le groupe de 5 est un ancien de la SNCF qui a travaillé sur le fameux système informatique Socrates qui était le premier outil de réservations connecté au Yield dans les années fin 1980-début 1990.
Catherine, notre hôtesse, nous conte ses histoires des clients (souvent des clients d’ailleurs) les plus pénibles notamment en ce qui concerne la nourriture. On a bien rigolé.
Demain, avant dernière étape : direction Saint Jean du Gard. Nous changeons de département en arrivant dans le Gard (30) en quittant la Lozère (48).

C’est sympa aussi de faire des petites étapes pour flâner et discuter avec les gens du cru ! Bon courage pour les derniers jours et bravo encore à Sophie qui a bien géré malgré les conditions météorologiques difficiles.
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Toujours de magnifiques paysages et villages!
Pour le panneau, il y en a 1 similaire en haut de la rue de Milly à Mennecy, et à Poissy qui est antérieur aux années 50 quand la RN13 passait encore là…
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Merci pour l’info Cyril
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Vous voilà presque au bout de vos pérégrinations, bravo ! J’ai demandé à ChatGPT une citation de circonstance, vous me direz si elle sied ou pas : « Ce n’est qu’en atteignant la fin de la route que nous pouvons regarder en arrière et comprendre véritablement le voyage que nous avons entrepris. » – Confucius
Mais je ne suis même pas sûr qu’elle soit vraie… :’)
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Merci Christian ! Elle me va parfaitement ta citation 😊
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Merci ConfucIAs
En tout cas même si elle n’est pas vraie, elle sied parfaitement.
Étape de repos demain et fin de la route pour Sophie.
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le panneau indicateur est antérieur à 1938 date à laquelle les Chemin de Grande Communication (GC) ont été classés Chemin Départementaux(CD) .Source Wikipédia.
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