No viva Las Vegas

En route pour Las Vegas, nous décidons de prendre une route différente pour éviter l’autoroute 15 directe et ses 4 heures de ligne droite pour passer plus à l’Est et rejoindre le désert du Mojave (prononcer moyavé ou mohave). Ça nous rallonge de deux heures dans le sable et les cailloux, mais on a rien d’autre à faire de toute façon. C’est pas comme si on était impatient de rejoindre Las Vegas pour 5 jours !

La pause déjeuner nous amène à la superbe ville de Needles qui se trouve être sur la mythique Route 66. Aucun doute : le patelin est resté dans son jus depuis 80 ans et n’offre aucun intérêt. Fondée en 1883 par l’arrivée du train, Needles a été un stop important sur la Route 66, entre les années 1920 et 1960. On en voit encore les vestiges : vieux motels, quelques restaurants… La majorité de la région est gérée par les Indiens de la tribu Mohave. Porte d’entrée d’une grande réserve naturelle désertique (Mojave national preserve), Needles fait partie des villes américaines les plus « chaudes » (le baromètre monte régulièrement au-dessus de 50°C). Au bord de la Colorado River, à proximité des frontières de l’Arizona et du Nevada, elle fait partie de l’agglomération du Grand Los Angeles. La dernière ville à l’Est. Source blog Lost in the USA

Il est même difficile d’y trouver un endroit pour déjeuner dans un pays qui passe son temps à manger, c’est vous dire ! Nous trouvons finalement une mini pizzeria qui nous sert d’étape. Je règle avec mon Apple Watch : le gars n’avait jamais vu ça encore. Aux US, c’est vous dire le bled ! Y’a tout ce qu’il faut pour boire (Coca, Sprite, Docteur Peper aux parfums les plus improbables les uns que les auters, RIP Raph) sauf de l’eau.

Le lendemain, dimanche, Sophie avait organisé un tour dans un parc national proche de la ville des jeux : Red Rock canyon. Pour qui est intéressé par les paysages grandioses et les richesses naturelles, la région n’en manque pas. Nous randonnons au milieu des concrétions rocheuses aux couleurs jaunes et rouges : magnifique.

Pour le reste du séjour, Las Vegas reste Las Vegas. Une ville comme l’humanité au bord de la décadence peut en produire. C’est le summum de la bassesse intellectuelle. Tout est sollicitation permanente : de la musique assourdissante dans tous les endroits (bars, cafés, restaurants) mais également sur le Strip, boulevard regroupant tous les hôtels et casinos ; des animations visuelles sur des écrans gigantesques pour voir un spectacle ou consommer toujours la même nourriture (steak-frites ou pizzas) promue par un fast food ou bien Gordon Ramsay (qui doit avoir au moins 6 restaurants dans un carré de 200m). Un article lu sur la psychologie de Vegas nous révèle que

« la séduction des décors réside peut-être dans le fait qu’il ne donne pas l’impression d’être un environnement de jeu. Sa beauté est une sorte d’anesthésie, qui distrait les spectateurs de la douleur de leurs inévitables pertes ».

Le personnel de service est également abruti par ce bruit permanent. Une serveuse nous dit qu’elle demande à son mari de ne pas parler pendant quelques minutes quand elle rentre chez elle le temps pour elle de se détendre.

Nous trouvons que la qualité n’est plus vraiment au rendez-vous. Cela fait 3 ans que l’on séjourne à l’hôtel Paris et la prestation en chambre a vraiment décliné. Le personnel manque. Les prix eux sont tellement hallucinants que l’on peut comprendre le désamour de la clientèle : 12$ pour une crêpe au sucre, 10$ pour un thé ou un café, 100$ pour deux poke-bowls accompagnés d’un verre de Prosecco et une bière ! C’est juste fou. Passer 5 jours sur place pour participer à une convention est un supplice de tous les instants. Et nous sommes tellement contents de nous lever à 3h30 pour nous rendre à l’aéroport et nous enfuir de cet endroit du diable et rejoindre Charles à Vancouver pour nos vacances.

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