Ce premier week-end athénien est consacré à la découverte de la ville d’Athènes et de l’histoire du peuple hellénique. Sophie a trouvé une guide française sur internet. Spécialisée en archéologie et grecque de cœur depuis 22 ans, Céline nous raconte les grandeurs et décadences de l’histoire de ce peuple incroyable qui a dominé le commerce maritime méditerranéen depuis 2500 ans. Et oui, on ne le sait pas toujours, mais « les armateurs grecs sont en tête avec, selon la start-up britannique VesselValue qui a percé la valeur des navires, presque 100 milliards de dollars d’actifs en propriété. Les Japonais arrivent en deuxième position devant la Chine grâce à leur poids dans les (chers) navires méthaniers ». Du coup, les armateurs sont de grands contributeurs de la vie économique notamment au travers de leurs investissements.
Comme souvent, cette force ou avantage tient à la géographie : ce pays dispose d’un nombre impressionnant de côtes et d’îles, des montagnes découpant chaque territoire le rendant autonome vis-à-vis des autres (montagne pour l’eau, une plaine pour l’agriculture, un port pour les échanges, un climat favorable vers -1000/-500). Excellents marins (constructeurs de navires, navigateurs) et commerçants hors pair, ils installent des comptoirs dans tous les ports de Méditerranée. Mais ils ne font pas que du commerce : curieux, ils cherchent à comprendre toutes les cultures qu’ils côtoient et s’inspirent de tout ce qu’ils voient et apprennent des autres pour développer leurs propres connaissances. La culture hellénique antique du 1er millénaire avant JC est donc d’abord un agrégat de connaissances du monde (enfin la Méditerranée à cette époque) synthétisé et organisé de façon minutieuse.

Ils sont notamment les inventeurs de la pensée méthodique que l’on peut résumer en premièrement, deuxièmement, troisièmement, donc et enfin finalement. C’est beau quand même ! Avant les grecs, il semblerait que personne ne pensait comme cela (dixit notre archéologue). On a parlé de Socrate (philosophe le plus connu de l’Antiquité), de Platon (et son Académie), d’Aristote (créateur du Lycéum qui deviendra notre lycée), des Dieux (ils en ont un paquet) : c’est sans fin et on aurait pu rester des heures avec elle.
La religion chrétienne orthodoxe est absolument partout ici. Comme il n’y a pas eu de séparation entre l’église et l’état, cela nous paraît un peu bizarre d’avoir autant d’églises, de chapelles, de petites stèles sur les bords de la route qui sont des micro-chapelles de 30 cm de haut, des croix sur les portails. Notre guide nous a amené au pied d’un hôtel 5* type business. Et bien l’hôtel a été construit autour de la chapelle qui était sur place avant lui. Et cette chapelle était la position d’un temple antique avant elle : certaines pierres en sont issues et ont été mélangées avec les briques ou les autres pierres utilisées. A l’extérieur, dans un renfoncement, ils ont conservé un emplacement pour célébrer Hérakles (Hercule chez les romains). A côté des lieux de culte petits ou grands, il y a toujours un point d’eau (une source) et des plantes. Les grecs les adorent et en mettent partout dans la rue ou dans les cafés (euh parfois en plastique pour la déco mais ça ne les gène pas). Ils vénèrent surtout le basilic : ils en mangent mais à condition qu’il ne soit pas grec car le leur est sacré !



Dans les églises orthodoxes, tout le monde se signe mais refaisant le geste 3 fois de suite. Ensuite, ils passent devant chaque icône, s’agenouillent ou se prosternent, refont le signe de croix puis viennent embrasser le saint. Pas très Covid mais tous les fidèles le font. Notre guide nous explique qu’ils viennent très fréquemment dans la journée ou la semaine. En fait, ils sont tellement croyants qu’ils viennent faire une petite prière pour la soirée du soir (merci de m’aider à faire que le repas soit bon) ou un évènement même mineur de leur vie. Ça ne fait pas de mal et des fois que ça aide, ça ne mange pas de pain !



La Grèce a été envahie par les turcs de 1500 à 1912. Donc leur mode de vie ainsi que certaines coutumes ont été durablement influencées. Mais il ne faut pas trop en parler : pour le coup, la religion musulmane, ils ne l’apprécient pas trop. C’est une fierté nationale d’avoir pu mettre les Turcs dehors au début du 20e siècle. Sur la place Monastiraki, se trouve une très ancienne mosquée magnifique que personne ne tient trop à restaurer vu le passé douloureux infligé par les envahisseurs.



D’une façon plus générale dans le centre d’Athènes, il y a de très nombreux bâtiments anciens (19e et 20e siècle) qui ne sont pas entretenus. La façade s’effrite mais l’édifice est laissé à l’abandon. En pratique, une loi pour sauvegarder le patrimoine a été votée dans les années 70. Mais elle comportait une précision d’importance : toute rénovation doit se faire dans le respect du bâtiment ancien. Sur le principe, pourquoi pas. Sauf que cela concerne aussi la plomberie, les évacuations et l’électricité. Personne aujourd’hui ne veut plus de toilettes dans la cour ! Mais le législateur dans sa grande prévoyance a prévu le coup : les travaux peuvent modifier la structure du bâtiment dès que le toit s’est écroulé. Donc ils attendent que le toit tombe pour commencer la restauration en conservant la façade mais en modernisant tout ce qui ne se voit pas. Ils auraient 20 mots à changer dans la loi pour la rendre plus efficace mais rien n’est fait nous dit notre guide, ils laissent comme cela.



Pour la plupart des anciens bâtiments, ils ont été achetés par des étrangers (surtout chinois) qui ont profité de la crise économique des années 2008 pour faire main basse à vil prix sur le patrimoine athénien. Un des quartiers le mieux rénové est celui de la Plaka. Dédale de ruelles encombrées d’échoppes en tout genre mais surtout de souvenirs pour touristes, ce quartier regroupe néanmoins le plus de bâtiments anciens parfaitement entretenus. Sophie avait repéré une boutique d’artistes modernes grecs très jolie et bien différente des autres, voire franchement décalée.

La nuit tombe à 17h30 ici et nous rentrons pour faire nos courses pour manger. Il nous faut une heure porte à porte pour arriver à notre appartement au départ du centre ville. Nous passons dans le supermarché du coin (ça ressemble à un Monoprix vu le quartier dans lequel nous sommes) qui est à 5mn à pied. Les produits y sont bien présentés et semblent de qualité. Mais nous avons quelques soucis pour lire les étiquettes de ce que nous achetons. Pas merci du tout à Mr Google car ton appli de reconnaissance des caractères (G.Traduction) ne fonctionne vraiment pas bien avec le Grec. Alors on s’oriente vers des clients qui ont l’air sympa et nous leur demandons conseil. Le yaourt à la grec suggéré par l’une d’elle est délicieux : c’est autre chose que ceux de Danone coupés à l’eau pour faire plus de marge ! Celui-là il tient au corps et est super doux. Par contre, on s’est trompé sur les amandes et rentrons avec des fumées au lieu de nature. On saura pour la prochaine fois.
Notre appart dispose de Netflix ce qui nous permet de continuer notre série Downtown Abbey. Grâce au scan du QR code avec le mobile et bing, connexion faite sur le profil de Sophie exactement là où on s’était arrêté la dernière fois. Sont forts quand même !
Dimanche, nous repartons au centre ville pour admirer la relève de la garde qui a lieu à 11h devant la stèle du soldat inconnu au pied du parlement. Les uniformes de parade de la garde nationale sont un peu spéciaux mais très beaux. Et leur pas est caractéristique : ils lancent en avant leur jambe en donnant un coup de talon bien en face d’eux. Ce mouvement est lié aux combats dans le passé et permettait de se sortir des corps à corps en donnant un coup de pied avec leurs chaussures cloutées. Et pourquoi le pompon ? Dans cette boule était caché des lames de rasoir pour finir l’ennemi en douceur !



Nous nous rendons ensuite au stade Panathenaïque, antre du sport olympique antique mais aussi moderne puisqu’il a été rénové lors de la première olympiade de 1896 (celle de notre Coubertin national). En fait, cette sorte d’arène en U a été créé à l’antiquité (-300 av JC). En -144, il avait une capacité de 50,000 places (celle d’aujourd’hui est de 60,000 places assises soit la capacité du Stade de France). La visite via l’audio-guide est passionnante. Le matin avant l’ouverture à 10h, l’accès est libre pour les sportifs. La piste en synthétique permet de courir dans des conditions de grand confort mais il fait une chaleur assez forte au mois de Novembre : je n’ose imaginer la visite en plein été.






Nous terminons notre week-end par un dîner avec mon ami grec Vassillis et son épouse Vana qui nous invitent au restaurant…à 20h30 (ce qui est un début de soirée assez tôt pour les grecs). On se régale de spécialités locales et d’une sole grillée délicieuses. Et voilà, c’est parti pour une semaine raccourcie de boulot mais intense. Elle se passe bien (au niveau des rencontres pro) mais se solde par l’annonce de la démission de mon collaborateur anglais James qui part dans un mois pour une FinTech à Londres. Super 🤕 !
Chers Amis,
Que de nouvelles !
Nous apprenons plein de choses à vous lire et nous avons – un peu – l.impression d.être avec vous.
Nous regrettons déjà de ne pas pouvoir venir vous voir et partager vraiment cette expérience grecque avec vous.
Est-ce qu’en arrivant, vous avez pensé à Romain Duris cherchant son chemin à Barcelone et tirant sa valise en se disant que ses rues étrangères lui seraient bientôt familières ?
Nos amitiés
AF + Loys
PS : je compatis à la nouvelle de la démission de James
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Merci pour le rappel de l’Auberge Espagnol qui sied parfaitement à la situation. En fait après 1 semaine, nous avons déjà pris nos marques et nous nous sentons bien dans notre nouveau chez nous.
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A ce rythme là, emmanuel vas tu tenir tes semaines de travail ?? 😉
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A fond à fond. Avec toute cette belle énergie antique que l’on capte ici, aucun doute que ça va donner grave ⛳️
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Trop bien…on apprend plein de choses…bisous
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