Début du road trip : les Météores

Avec un grand week-end (en mode français car le 11 novembre n’est pas férié ici en Grèce), j’ai pris mon vendredi 12 pour partir en vadrouille. Nous louons une voiture chez un de nos clients pour un tarif tout à modeste au regard de la saison plutôt calme. Objectif : partir à l’assaut (le mot est juste) des Météores en Théssalie à environ 350km au nord d’Athènes et finir par Delphes. C’est ma première expérience de conduite hors de la ville (j’avais déjà conduit dans Athènes) sur autoroute et routes nationales.

Clairement, il faut rester concentré pour conduire ici : les voitures déboulent de partout et nous n’avons pas encore trop compris si la priorité à droite était réglementaire ou pas. En tout cas, un truc est sûr : les piétons ne le sont pas…au regard du code de la route j’entends… et c’est cool quand on est en voiture 😈 mais il faut rester vigilant quand on est à pied 😳. Par contre, je laisse toujours passer une poussette ou une canne !

L’autoroute semble très récente mais ne dure que la moitié du chemin. Du coup, il faut passer au tiroir-caisse tous les 30km. On s’en sort pour 18€ sur le trajet complet ce qui est assez comparable avec la France finalement (25€ pour aller à Nantes). Pour le reste, les routes nationales sont bien larges avec une bande d’arrêt d’urgence qui est utilisée principalement pour faire rouler les camions et autres véhicules lents. Moi même, quand je sens qu’un fada pousse aux fesses, je roule sur le côté à 100km/h et il me double en chevauchant à moitié la double ligne blanche centrale, normalement infranchissable. Allez, j’avoue : je le fais aussi quand je double. Faut bien s’intégrer dans la culture locale ! En ce qui concerne les nombreux radars fixes qui ponctuent le chemin, nous restons perplexes : en bons citoyens européens que nous sommes, nous ralentissons à l’approche de l’alerte Waze. Mais les locaux ne ralentissent pas du tout. Pas sûr qu’ils soient en état de marche ces machins-là !

Ce qui est magnifique dans ce pays, c’est l’alternance de grandes plaines bordées de montagnes impressionnantes (1500 à 2000m d’altitude). Les forces telluriques ont fait leur office dans ce pays et continuent de le faire : notre guide nous disait qu’ils ressentent des tremblements de terre en permanence. Nous, pas encore.

Le site des Météores se trouvent au bout d’une vallée qui paraît fermée par des monticules de pierre. En fait, cette vallée était remplie de mer il y a 150 millions d’années qui s’est retirée en laissant cette grande plaine plate. Des galets se sont sédimentés. Seuls quelques gros rochers sont restés et ont formés les météores dont la hauteur varie de 300 à 600m. Pourquoi ce nom me direz-vous ? En fait, au 15e siècle, les locaux de l’époque ont pris ces monticules pour des météorites envoyées par Dieu. Quelques moines chrétiens orthodoxes se sont pris pour des varapeurs et ont décidé de construire des monastères au sommet.

Il y en eu jusqu’à 22 mais il n’en reste désormais plus que 6. Cela ressemble à des places fortes, entièrement dédiées au culte dont 4 sont habités par des moines et 2 par des nonnes. Ce qu’ils ont réussi à faire et à entretenir est juste impressionnant. Ces monastères sont perchés au sommet de falaises, agrippés on ne sait comment, quasi au-dessus du vide. Pour y accéder dans le passé, le seul moyen était l’échelle de corde ou le filet hissé par un treuil. Les moines ont également taillé la roche pour y faire des escaliers. Mais l’accès aux monastères reste protégé par de lourdes portes métalliques ou des ponts-levis. L’accès est soumis à une obole modeste (3€ par adulte en cette basse saison ou gratuit si on est un prêtre orthodoxe. Nous, nous avons payé !). Mais le prix n’est pas l’unique condition : les hommes doivent être en pantalon et les dames en jupe cachant les genoux. Sophie avait prévu le coup et a enfilé une jupe longue élastique, caractéristique plutôt commode pour monter au sommet des monastères (en pratique, des jupes ou des pareos sont prêtés à l’entrée pour les dames).

Difficile de décrire ces sites qui sont juste majestueux. Ces lieux de culte sont d’une richesse incroyable (les églises notamment) tout en étant finalement très simples. Comme il s’agit de monastères occupés par des communautés de prêtres ou de nonnes, il faut bien vérifier les horaires et les jours d’ouverture. A moins de rester 3 jours minimum, il est impossible de tous les visiter.

A partir d’une lecture d’un blog, Sophie apprend qu’il y a d’autres monastères plus modestes mais accrochés dans la falaise à moitié troglodyte. Nous déposons donc la voiture sur le petit parking du monastère de Agios Nikolaos ou St Nicholas (le premier sur la route escarpée des Météores) et entamons les 30mn de marche pour partir à la découverte du monastère d’Ypapantis. Il n’est pas ouvert au public. Il n’y a d’ailleurs pas de public : nous sommes juste avec un autre couple de français. C’est magique. Pour le retour, nous empruntons un sentier utilisé par le MRT ou Météores Running Trail de Kalampaka pour rejoindre le point de départ : nous sommes en pleine forêt, au milieu des chênes avec pour seule compagnie les météores qui nous surplombent à gauche et les cloches des troupeaux de brebis à droite. Ça nous rappelle notre Chemin de Compostelle 🤗

Et puis, en fin de journée, assister au coucher du soleil sur les montagnes de l’autre côté de la vallée avec les Météores au premier plan est un spectacle magique. Il fait franchement frisquet dès que le soleil se couche mais le panorama est superbe. C’est d’ailleurs le point de ralliement de tous les touristes qui sont prêt à braver le froid et leur peur du vide car ça tombe à pic à partir des points de vue. Soit dit en passant, il n’y a aucune protection : glissade et hop, arrivée 200m plus bas éparpillé par petits bouts… (les afficionados des Tontons complèteront eux-mêmes).

Pour le dîner, nous fuyons l’hôtel. Avec 5 chambres occupées sur 200, ça sent les plats congelés à plein nez. Vu la taille du village dont 80% de l’économie doit tourner autour des Météores, nous nous rabattons sur la suggestion d’un blog et suivont la bonne note de Google. Direction le Panellioni à Palampaka. Le restaurant est typique et sympa. Il est bien trop tôt pour les grecs mais le restaurateur nous accueille quand même à 19h15 : un horaire de hollandais ! On se régale d’une moussaka et d’aubergines farcies arrosées d’un vin rouge de Thessalie correcte.

Mais c’est surtout sur les murs de la salle que l’intérêt se porte. Toute la déco est faite de photos anciennes retraçant la vie des aubergistes. Je m’approche, j’observe, je hèle le serveur pour avoir des explications. Dans un anglais plutôt rugueux, il se fait comprendre en nous donnant moult détails. Il nous parle de l’histoire de la Grèce, de la guerre d’indépendance contre les Ottomans et de la guerre civile qui a commencé en 1946 opposant pendant trois ans les anciens résistants communistes et les loyalistes soutenus par nos amis grand-bretons. Pour appuyer son propos, et quand il est frustré de son anglais approximatif, il se lance dans des explications en grec pensant être plus clair. Heureusement que Wikipédia en simultané nous permet de contextualiser et de mieux comprendre. En tout cas, on y passe un tellement bon moment que l’on décide d’y retourner le lendemain soir.

Demain, départ pour le sud et le site antique de Delphes.

3 commentaires sur « Début du road trip : les Météores »

  1. Hello ! Génial ce trip grec et ce principe de workation, je valide le concept …
    Les météores, patrimoine de l’unesco, semblent magiques. Merci de nous faire voyager et de nous inspirer.
    Bises. Céline

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