Le Puy-St Privât d’Allier 24km

Pour ce premier billet sur le Chemin, Sophie et moi tenons à saluer nos amis marcheurs, Jean-Claude et Florence Moncorger. Ils sont partis hier sur le GR34 Nord entre St Brieuc et Plouescat. Je crois qu’ils commencent par un gros temps humide. Courage les amis !

Pour nous aussi c’est parti ; après la cérémonie à la cathédrale Notre- Dame du Puy et la traditionnelle bénédiction des pèlerins. Toujours aussi impressionnante mais avec un petit peu moins d’engagement que l’année passée, notre prêtre du jour n’ayant pas la même énergie.

Le retour au gîte est nécessaire car nous n’avons pas encore pris le petit-déjeuner avec Margaux, une jeune marcheuse qui séjourne dans la Maison au Loup avec nous.

Quelle énergie pousse Margaux à partir ? Pour elle, ce sont les abeilles. Elle s’occupe du programme de jardins écologiques pour la Mairie de Vitry-Sur-Seine. Elle s’intéresse à l’apiculture. Et bien sur le sentier de Stevenson qu’elle emprunte se trouve la seule variété d’abeilles endémiques, non génétiquement modifiée pour devenir des super productrices de miel. L’abeille noire. Et sur son chemin, elle va rencontrer le spécialiste français.

Nous quittons enfin la ville, sa banlieue, une dernière route, on bifurque, le bruit des voitures s’éloigne et est remplacé par le crissement de nos pas sur les graviers du Chemin et du pic des bâtons. La propriétaire nous avait rappelé de bien lui laisser la clef. Une cliente a oublié son poncho et deux jours plus tard, les orages se sont mis a tonner. C’est ballot sans poncho (« pas avec votre poncho MR Ouille).

Un coup il fait chaud, un coup il fait froid. On s’arrête régulièrement pour s’habiller et se déshabiller et se rhabiller et se redéshabiller. Sauf que la fréquentation sur le chemin est un peu plus forte qu’elle n’était l’an dernier. Lorsqu’on voit le groupe de 12 marcheurs plutôt 3e âge, mené par Gérard qui fait rigoler Jacqueline, on fait fissa pour se rhabiller et éviter de se retrouver avec eux.

On a croisé le monsieur à la chemisette d’hier. Nan, c’est dingue. Vous aussi vous vibrez hein ? Et bien vous savez quoi : il avait le même T-shirt de marche que moi ! Si ça se trouve, il dort dans le même gîte que nous ce soir et il remettra sa chemisette 🙃. Le monsieur va à Figeac et la dame jusqu’à Pampelune « vu que Pôle Emploi et Macron le lui permettent ». Ouhla, pas de politique sur le Chemin, c’est spirituel ici ! Ça sent la revendication à plein nez : à elle, on ne lui demande pas pourquoi elle est là. On le saura peut-être lors d’un dîner d’étape. Restez branché.

Nous rencontrons un couple de hollandais, la mère et le fils. Ils ont commencé au Puy : la maman va jusqu’à Saint Jean Pied de Port et lui jusqu’à Saint-Jacques. La singularité du fils est qu’il tracte une sorte de charrette sur une roue chargée de 60kg de matos. On s’arrête pour lui demander pourquoi : pour être en autonomie complète. Et pour se faciliter la tâche, il marche en claquettes de piscine ! La montée bien casse-pattes et caillouteuse qui suit a dû lui donner bien du plaisir.

Après une belle descente de 5km (Sophie est Martin Fourcade, ça c’est de la visualisation mentale), nous arrivons à notre gîte d’étape. On s’arrête quand même chez le meilleur ouvrier charcutier de France pour lui acheter du saucisson qui nous fait bien envie. La premiere journée se termine après plus de 25km et 6h45 de marche. Ça tire un peu mais on a la patate !

Le dîner est roboratif : lentilles du Puy, saucisse du charcutier du coin et des pommes de terre, une fourme d’Ambert et un gâteau au chocolat. Cela devrait compenser les 1600 calories dépensées aujourd’hui. Les échanges entre marcheurs donnent un éclairage sur certaines pratiques : des dames belges ont pris la variante, se sont perdues, ont marché 10h sur 29 km 🥵. Il faut toujours suivre les indications.

Moi, le Chemin, je le fais dans le désordre mais ça ne m’empêchera pas d’aller au paradis.

Notre voisin de table, philosophe de son état

3 commentaires sur « Le Puy-St Privât d’Allier 24km »

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