L’année passée, sur le chemin, nous n’avions jamais fait de grandes tablées. C’était bien car l’on pouvait discuter avec nos hôtes. Sur ce tronçon-ci, vu le monde, nous avons des repas que nous partageons avec de 6 à 12 personnes. Hier n’a pas dérogé à la règle avec 9 convives. Pascal et Evelyne, nos hôtes, ont racheté le gîte à Saugues en janvier dernier. Après avoir fait une partie du chemin de Saint-Jacques et s’être arrêtés à Leon en Espagne, ils ont décidé de changer leur vie de salariés pour se dédier à l’accueil des pèlerins. Ils ont donc chercher un gîte à vendre entre le Puy et Saint Jean pied de Port. Ils ont repris celui appelé Les Gabales, nom du peuple historique du plateau de la Margeride, région de Saugues.
Ce qui est agréable entre autre d’être accueillis en table d’hôtes, c’est que l’on mange bien, des produits frais, de la région. Pascal nous a concocté un dîner succulent et au petit-déjeuner, une sorte de pain perdu local, ce qui était parfait pour affronter le temps couvert et très frisquet avec 9° au compteur. Ça pique. Avant de partir, il faut aussi prévoir le ravitaillement car après l’étape de ce soir, perdue au milieu de la campagne, il n’y aura rien avant samedi.
Il y a tellement de monde sur le week-end de l’Ascension et les gîtes sont tellement chargés que certains pèlerins passent deux nuits au même endroit. Le propriétaire va donc chercher ses clients au point d’arrivée, les ramène chez lui, et les raccompagne en voiture le lendemain là où ils se sont arrêtés la veille. Heureusement que Sophie a géré ça comme une cheffe depuis le mois de février, sinon on n’aurions jamais eu de place. La contrepartie parfois est aussi de faire des étapes plus courte comme celle d’aujourd’hui et de demain car l’itinéraire est contraint par les places d’hébergements… et par la distance : Saugues-St Alban c’est 35km donc pas possible pour nous. Et puis cela nous fera du repos du coup.
Mon podomètre s’est décidé à fonctionner de façon aléatoire et la dame qui nous donne le temps ne veut plus nous parler. Elle fait la tête ? Elle a mal dormi elle aussi ? Il fait trop froid ? C’est l’Ascension et elle ne veut pas travailler un jour férié ? En tout cas il faut que l’on surveille notre consommation d’eau pour être sûr de bien s’hydrater.






Au milieu de rien, on passe par La Clauze, un bout de bourg microscopique. Des enfants nous saluent et le père coupe sa tondeuse pour entamer la discute. Il se trouve que c’est le vendeur de matériel de randonnée du coin dont on voit les panneaux publicitaires depuis le début du chemin. Il regarde notre équipement, nous félicite pour les sacs Deuter, « les meilleurs » dit-il d’un œil expert et en profite pour nous faire un petit cours de réglage de sangle. Et nous voila ré-ajustés pour la suite. Il ne fait pas de remarques sur nos chaussures Salomon : il ne doit pas en vendre !
Cette 3e étape est celle de la casse. Pas pour nous (on gambade) mais pour nos Belges (tendinite du genou pour l’une) et notre jeune Amandine, rencontrée hier qui se retrouve allongée sur le sol d’une halte crêpe-café-glaces en train de se faire masser le nerf sciatique par une naturopathe : ça n’est ni une kiné ni une osthéopathe mais cela la soulage un peu. Nous finissons l’étape du jour à Chazeau avec eux, le changement de point de fixation par la parole est un bon palliatif. Le cerveau est fort mais il est aussi très facile à berner.
Notre super gîte, Le 1828, nous attend : c’est Jean-Michel et Emmanuel qui sont nos hôtes du soir. A 14h30, ils finissent de déjeuner avec des amis. Après un verre de vin que nous déclinons, nous refusons poliment aussi le rhum arrangé fait maison pour une tasse de thé. Vu l’ambiance à cette heure, nous allons passer une bonne soirée !
Par contre, nous acceptons avec joie l’énorme jacuzzi de 8m de long qui fait aussi nage à contre-courant. Nous bloubloutons 1h : les jets hydromassants sont au top pour toutes les parties du corps un peu tendues. Emmanuel nous apporte une bière que je ne décline plus. Bon on, c’est décidé, il n’y aura pas Yoga ce soir. Nous pensons à Amandine qui a trouvé à l’arrache une caravane pour passer la nuit avec son copain puisque tout est plein. Ça fait penser au gouffre qui sépare les écuries usine des amateurs sur le Dakar : les pilotes des uns laissent leur voiture se refaire une jeunesse et vont à l’hôtel ou dans leur mobile home perso pendant que les autres doivent bricoler à peine arrivés au bivouac. C’est sûr que ça n’est pas la même course !
Jean-Mi et Manu ont eux aussi acheté ce gîte après le premier confinement passé à Marseille. Ils avaient des critères très précis notamment de retaper entièrement un hébergement qui pourrait servir de gîte le temps de financer la rénovation pour ensuite revendre avec une plus-value. Ils ont jeté leur dévolu à Chazeau en Haute-Loire. Pour vous donner une idée, dans le coin, il y a 10 maisons dont 3 gîtes. Grosse animation mais le village du coin (Chanaleilles) semble assez dynamique. En tout cas ils apprécient l’ambiance et l’esprit du coin basé sur l’entraide. Comme à Saugues, aucun souci d’intégration pour les étrangers.
Notre dîner est pantagruélique mais succulent : nous commençons par un plateau de charcuterie locale somptueux arrosé d’un cocktail de Gentiane et de Rhum arrangé puis d’une magnifique entrée d’asperges fraîches et des fleurs, suivi d’un pluma de porc incroyable et son aligot. Sophie continue par une dégustation de fromages du coin (au moins 6) suivie d’une salade de fruits de saison et son sorbet. On se régale. Nous apprenons au cours de la soirée que Jean-Michel a eu un BTS « cuisine » en école hôtelière avant de bosser dans les assurances. Un mec éclectique que nous fait penser à notre ami Olivier Martin.




Et le petit-déjeuner est du même niveau : jus d’orange pressé, viennoiseries chaudes, confitures locales. On se régale. On discute ambiance sur le chemin et Jean-Michel nous raconte qu’une fois, deux femmes sont arrivées super tendues, ne se sont pas parlées de la soirée. Le problème venait du rythme de marche qui était différent, l’une devant toujours attendre l’autre, etc. Elle a décidé de se coucher sans dîner. Et le lendemain pour se venger, elle a vidé tout le ballon d’eau chaude pour ne pas que sa copine puisse se doucher ni les hôtes d’ailleurs. Sympa le Chemin !
Ça a l’air très bien parti les amis. C’est sûr vous n’allez pas manquer d’amis niourrir de fin sur le chemin. Au plaisir de retrouver vos aventures demain. Bisous bretons.
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Ah ça non, on ne meurt pas de faim. D’un autre côté, on consomme tout sur le Chemin. Je commence déjà à serrer un peu plus la ceinture 😯
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