St Côme d’Olt-Estaing 22km

La nuit est bonne au couvent. Sans doute le calme et la spiritualité du lieu. Le petit déjeuner du même niveau que le dîner : disons que nous nous sommes nourris . Ils auront le droit à un bon avis bien cinglant. Nous avons rencontré trois jeunes filles d’une trentaine d’années, membres de l’Ecole de Charité et de mission. Les ECM offrent à des étudiants (18-24 ans) ou à des jeunes professionnels de (24-35 ans) l’occasion d’approfondir leur foi en se retrouvant régulièrement pour prier ensemble, chanter, partager, se former et vivre des temps forts d’évangélisation. Ils nous ont fait penser à ce que vit Henri avec son association Even.

L’une d’entre elle avait tellement d’ampoules qu’elle avait trois bandages sur les pieds. Vu la fragilité de sa démarche, nous nous demandons comment elle va arriver jusqu’à Conques. Mais elle semble motivée ! Elle porte sa croix.

Sur le chemin, on parle souvent de la première semaine de marche. Une fois passé le 6, 7 ou 8e jour, le corps intègre le mouvement permanent et le rythme est pris. Cela n’empêche pas les tensions et les pieds qui gonflent mais cela donne une sorte d’élan qui fait reprendre la route avec entrain le lendemain.

La descente d’hier a laissé des traces et les talons de Sophie la tirent un peu. Du coup ce matin nous avons décidé de partir tranquillement et nous quittons Saint Côme à plus de 10 heures après avoir bu le café avec Brian et Daphné, nos marcheurs américains. Nous décidons aussi le ralentir le rythme car qui veut aller loin ménage sa monture. Et puis cette huitième journée va être chaude : il est prévu plus de 30 degrés dans la vallée du Lot ce mardi.

La montée à la Chapelle de Perse est assez difficile pour un échauffement. Quelques marches sont positionnées pour nous aider à franchir un passage un peu difficile. Nous avons d’ailleurs une pensée pour nos amis marcheurs en Bretagne, Florence et Jean-Claude, qui en ont vu un paquet de marches. Un coup de chapeau à Florence qui a tenu bon face à la douleur au genou et qui garde le cap ; mais aussi à Jean-Claude qui la soulage comme il peut en portant une partie de son paquetage. Bravo.

Espalion, première halte « bistrot » depuis le début du Chemin. Selon certaines sources, le nom de la ville  » Espalion  » proviendrait du passage du Roi de France Charlemagne dans la ville durant un voyage qui devait l’amener à Lyon, il aurait alors demandé à l’un de ses conseillers :  » N’est-ce pas Lyon ? « . Autre caractéristique de la ville : elle accueille le musée du scaphandre. Ouat ? De la plongée dans le Lot ? En fait, le scaphandre a été inventé par un Espalionnais en 1860 : Benoît Rouquayrol.

Double signe signe de fatigue : quand le marcheur titube, tire la patte et qu’il/elle marche en sandales, c’est que c’est dur. Rassurez-vous : ce n’est pas notre cas. Nous continuons d’avoir un bon rythme même si aujourd’hui, exceptionnellement, nous avons pris un tout petit raccourci et avons évité la visite d’une chapelle sans doute charmante. Je sais, c’est mal : nous débuterons donc à genou demain en pénitence !

Finalement les 200m économisés en énergie sont largement dépensés dans la montée avec un joli +300 m de dénivelé. Ça casse les pattes de tous les pèlerins qui sont là. Et sans un gramme d’air, sous 30° à 14h45. Il fait chaud.

Suite à la lecture du Pèlerin de Compostelle de Paulo Coelho l’année passée, nous avons de nouveau pratiqué son exercice de la vitesse. En quoi cela consiste-t-il ? Il suffit de marcher deux fois moins vite que d’ habitude pendant 20mn et d’être à l’écoute de ce que l’on ressent pour être dans l’instant présent. Une belle méditation.

Nous arrivons à Estaing, un nouveau « plus beau village de France ». Situé dans un méandre du Lot, son château domine la vallée très encaissée. Le château a été racheté par les Giscard, Valéry notre président, son frère et son cousin. Et comme par hasard, le budget de la rénovation a été débloqué par les bâtiments de France, ce que n’arrivait pas à faire la commune depuis des années. Ça aide d’être président !

L’ambiance de l’hôtel change du couvent d’hier. Ici c’est plutôt auberge familiale avec un ton plus proche de la marchande de poisson que celui policé de la Mère Supérieure. Nous faisons connaissance de nouveaux marcheurs : un couple du Nord qui ne reste qu’une semaine et un jeune québécois qui a pris un congé sabbatique de deux mois pour atteindre St Jean Pied de Port. Il est développeur de jeux vidéos pour Amazon à Montréal. Les deux ans de confinements successifs lui ont tapé sur le système et il a eu besoin de changer d’air.

Le dîner est succulent : nous mangeons enfin du poisson, ce que nous n’avions pas fait depuis une semaine. Remarquez, on enchaine demain avec une magnifique boîte de thon à la Catalane pour le dej. Ah ben oui, quand je sors avec Sophie, on ne se refuse rien !

Sinon pour le calme de l’emplacement, on repassera. Notre hôtel Les Armes d’Estaing est situé au bord de la seule voie de circulation du coin. Du coup, on se tape les 35 tonnes qui traversent la ville et qui frôlent la table. Moyen comme dîner romantique au bord du Lot. Vous l’aurez compris, pour l’emplacement l’hôtel est à fuir. Finalement, il faudrait que le chef officie au Couvent du Malet et tout serait parfait 😇

Note des coulisses du blog : je dicte souvent mes notes avec Siri à la volée, mais cela est parfois un peu hasardeux.

  • résultat de Siri : le riz de mépris
  • alors que j’ai dicté « le rythme est pris ». C’est un super outil mais il faut vraiment bien articuler pour se faire comprendre.

2 commentaires sur « St Côme d’Olt-Estaing 22km »

  1. Que de belles photos, merci !
    Nous voyageons un peu avec vous, la fatigue en moins. Vous avez bonne mine !
    Bravo pour le nouveau record des ventes : vous nous raconterez à votre retour.
    Bonne continuation !
    PS : J’ai bien perçu l’allusion à « Plus peur que de mal » dans un précédent Post.

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