L’ambiance parmi les marcheurs a clairement changé depuis la fin du week-end de l’Ascension. Il y a beaucoup plus de pèlerins avec leur sac à dos et moins de promeneurs qui utilisent la malle postale. Le critère d’identification est la taille du sac. En échangeant avec ces marcheurs, nous apprenons que beaucoup vont s’arrêter à Conques, qui est une étape majeure sur le chemin de Compostelle.
Le départ d’Estaing se fait tranquillement sous quelques goutes : nous sommes, comme d’habitude, les derniers à prendre le Chemin. Nous longeons le Lot avant d’attaquer la grande difficulté de la journée, soit un dénivelé de trois cents mètres pour atteindre le plateau.
Depuis un ou deux jours, nous avons le sentiment de faire un peu plus d’asphalte que de sentier. En tout cas c’est notable. Cela permet d’avoir un rythme plus roulant mais en même temps c’est moins agréable et ça chauffe plus.
Après avoir croisé différentes personnes chaque jour, nous faisons la connaissance d’un nouveau. Christophe vient de La Réunion et a décidé de faire le chemin jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port pour réfléchir à sa « crise de la quarantaine » comme il dit. Il est professeur des écoles en disponibilité pendant un an afin de faire le point. Nous n’en saurons pas plus : le Chemin préserve de l’anonymat (nous n’échangeons que des prénoms) et conserve le secret de la motivation à le parcourir. Nous discutons tellement bien que nous faisons pour la première fois une erreur d’aiguillage. Être moins attentif engendre un kilomètre de perdu. Mais en refaisant la route en sens inverse, nous tombons sur des fraises des bois : elles sont succulentes. Finalement nous n’aurons pas tout perdu au change. Restons positifs.






À la pause déjeuner dans les bois sous une chaleur écrasante, nous dégustons notre salade catalane Saupiquet. C’est assez bon finalement. Arrivés à Golinhac pour notre étape du jour, nous décidons d’acheter une nouvelle salade en boîte pour demain. Car 25 km jusqu’à Conques, ça va piquer ! Ah, j’oubliais Serge le Yogi. A peine notre festin englouti qu’un baba-cool en sandales arrive à notre niveau. Il se présente comme un marcheur vagabond itinérant. Il est parti d’Arles et ne sait pas trop où il va. Je vous passe les détails mais en 15mn chrono on connaît tout de sa vie : les galères, son activité de barman, ses cours de yoga, son séjour en Guadeloupe… le gars avait besoin de parler alors on l’écoute. C’est ça le Chemin aussi.




A 15h, il est encore trop tôt pour prendre possession du gîte. Néanmoins nous nous approchons de l’accueil. Et là une folle sort en clamant « je n’ai pas votre réservation. Voyez avec Mr Renier.» et nous tend un petit papier avec son numéro de téléphone. Je tente de l’appeler mais personne ne répond. Elle nous avait vaguement Indiqué le gîte. Nous nous installons sur les chaises à l’extérieur le temps que le propriétaire arrive et faisons un petit somme réparateur.
Au bout d’une heure, une voiture s’approche, s’arrête à notre niveau et Rénier nous dit « Je n’ai pas la clé de votre gîte. Il faut voir avec ma femme là-haut. Elle est devenue folle depuis le décès de notre fille.». Là, ça commence à sentir le roussi. En fait l’homme et la femme sont un couple qui ne se parle plus. Leur fille s’est pendue il y a cinq mois et depuis ce moment, tout part à vaut-l’eau. Sauf que, même si c’est très triste, c’est leur problème. Sophie a fait la réservation en février et envoyé un chèque d’acompte le 28. Mme Renier nous apprend qu’elle n’a aucune réservation vu que son mari a gardé l’agenda. Mais en parallèle, elle a pris de nouvelles réservations ce qui génère un over-booking. Et qui c’est qui prend : le professionnel du yield management ! Elle est bonne celle-là. C’est l’arroseur arrosé.






Le couple de ch’tis, Paul et Catherine, que nous croisons depuis deux jours, m’informe que l’auberge du bourg avait encore trois chambres. Avant même de finir la négociation avec le couple de maboules, je sécurise une chambre pour ce soir avec la demi-pension. Au moins ça c’est fait. Je redescends voir Monsieur Rénier pour essayer de récupérer mon chèque de caution. Lui non plus n’a pas l’air très net. Devant l’amoncellement de réservations et de chèques agrafés, je décide de lâcher l’affaire. Au pire, on fera opposition sur le chèque si jamais il l’encaisse. J’informe Sophie et nous quittons le lieu pour rejoindre l’auberge. Deux autres couples se retrouvent dans la même situation face à Madame Rénier : ils n’ont aucun hébergement mais ont leurs valises à transporter en plus vu qu’ils utilisent les services de la Malle Postale. Ils arrivent à trouver un bungalow à partager dans le camping.
A l’auberge, nous sommes très bien accueillis par deux jeunes filles qui nous donnent un peu plus de détails sur la situation familiale des deux époux. C’est très chaud.
À peine installés dans notre nouvelle chambre, une des réceptionnistes toque à la porte et m’informe que Monsieur Rénier m’attend à la réception. Il a retrouvé notre chèque de caution avec la petite carte de réservation de Sophie et me rend le tout. Il me raconte d’autres détails sur leur vie familiale qui part en vrille totale. Néanmoins, je leur souhaite bien du plaisir, professionnel s’entend, en pleine haute saison du chemin de Compostelle, s’ils ont pris autant de sur-réservations. J’en profite pour laisser un commentaire acerbe sur leur page Google afin que cela serve pour les suivants.
La soirée se passe tranquillement dans une douce chaleur de printemps face à un panorama à couper le souffle pour mon yoga quotidien. Nous dînons avec Paul et Catherine, que nous avons remerciés chaleureusement pour leur réactivité. Sans eux, nous aurions sans doute trouvé un autre hébergement mais avec un peu plus de difficultés. Voire marché quelques kilomètres de plus pour éventuellement trouver un hébergement disponible.
Sophie se passe les talons à la glace en prévision de l’étape de demain.
Bonjour nos pèlerins préférés !
Enfin une journée de repos où je prends le temps de lire votre aventure. Si elle vous fait du bien, et ça se voit, elle me procure également beaucoup de plaisir ! L’envie de randonnée me reprend. D’ailleurs, votre technique de marche lente m’a rappelé la technique de la « marche afghane » apprise lors de mon stage rando et jeûne en Brocéliande. Je vous mets un lien de découverte https://youtu.be/8QKZFQF6jrI
De mon côté, je pars ce week-end de 3 jours en circuit vélo entre Rennes et St Malo…à 15 ! 8 adultes et 7 jeunes, ça ne va pas être de la méditation … mais bcp de plaisir. Passage de nombreuses écluses, chemin de halage, fête du camping le samedi soir : cochon grillé, soirée dansante et nuit en tente dortoir à 15 !!! Vive les boules quies !
Dimanche, Dinan nous accueillera à l’hôtel cette fois ci, avec chacun sa chambre, et crêperie réservée à côté.
Lundi, passage en bac de Dinard à St Malo et retour sur Rennes en TER avec les vélos…ça risque d’être sport d’y loger toutes nos bécanes !!
Autre sujet, hier était le jour tant attendu et redouté de ts les parents de terminale ….résultats de parcoursup !!!! Axel n’a pas ses 1er et 2nd choix (vu ses appréciations je me doutais!) Mais il est pris à l’ICAM, école d’ingénieurs en alternance à Vannes. Je pense que c’est bien pour lui et il semble content.
Voilà, je vous ai écrit un vrai roman, mais je me rappelle le plaisir que j’avais à découvrir vos commentaires sur mon blog, et je souhaite qu’il en soit de même pour vous.
Bonne marche.
A très vite. Je vous envoie des bisous
Celine
Je vous fais un roman
J’aimeAimé par 1 personne
Bonjour nos pèlerins préférés !
Enfin une journée de repos où je prends le temps de lire votre aventure. Si elle vous fait du bien, et ça se voit, elle me procure également beaucoup de plaisir ! L’envie de randonnée me reprend. D’ailleurs, votre technique de marche lente m’a rappelé la technique de la « marche afghane » apprise lors de mon stage rando et jeûne en Brocéliande. Je vous mets un lien de découverte https://youtu.be/8QKZFQF6jrI
De mon côté, je pars ce week-end de 3 jours en circuit vélo entre Rennes et St Malo…à 15 ! 8 adultes et 7 jeunes, ça ne va pas être de la méditation … mais bcp de plaisir. Passage de nombreuses écluses, chemin de halage, fête du camping le samedi soir : cochon grillé, soirée dansante et nuit en tente dortoir à 15 !!! Vive les boules quies !
Dimanche, Dinan nous accueillera à l’hôtel cette fois ci, avec chacun sa chambre, et crêperie réservée à côté.
Lundi, passage en bac de Dinard à St Malo et retour sur Rennes en TER avec les vélos…ça risque d’être sport d’y loger toutes nos bécanes !!
Autre sujet, hier était le jour tant attendu et redouté de ts les parents de terminale ….résultats de parcoursup !!!! Axel n’a pas ses 1er et 2nd choix (vu ses appréciations je me doutais!) Mais il est pris à l’ICAM, école d’ingénieurs en alternance à Vannes. Je pense que c’est bien pour lui et il semble content.
Voilà, je vous ai écrit un vrai roman, mais je me rappelle le plaisir que j’avais à découvrir vos commentaires sur mon blog, et je souhaite qu’il en soit de même pour vous.
Bonne marche.
A très vite. Je vous envoie des bisous
Celine
J’aimeAimé par 2 personnes
Merci pour tes mots Céline et ton lien.
Bonne(s) balade(s) à toi : ça fait plus colo que promenade mais ça va être super. Biz
J’aimeJ’aime
“Caminante no hay camino, se hace el camino al andar” Antonio Machado
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
Merci les amis de prendre le temps de rédiger les textes que j’attends avec impatience chaque jour. Quelle aventure !
J’aimeAimé par 2 personnes
Merci Rosy. Es-tu prête à ton tour pour prendre le Chemin ?
J’aimeJ’aime