Monastier – Goudet 13km

Les doutes n’en sont plus : le gîte La Modestine est très rustique. Pour compenser on a très bien dîné : d’abord un bouillon mexicain qui nous a réchauffé (on était congelé même après la douche) suivi d’une énorme Fajita délicieuse et une mousse au chocolat. On s’est un peu forcé vu qu’on aime pas trop le chocolat…surtout moi 🤭 Il fallait ça après les 1600 calories consommées sur la premiere étape.

Heureusement que nous avions un tout petit chauffage d’appoint électrique pour chauffer la chambre. Sinon, encore une fois, nous serions mort de froid. Ça pique très fort ce matin : il fait 6° dehors avec le vent du nord. C’est encore un 4° ressenti ! L’étape du jour étant toute courte, nous retardons le départ le plus possible. Sans gant, nous rangeons les bâtons et entamons la descente de Monastier les mains dans les poches pour se réchauffer les doigts.

On rigole mais on se gèle (4 degrés)
Le nombre de décès en 14-18 et 39-45 d’une même famille est impressionnant

La difficulté du jour risque d’être la descente vers notre lieu de destination, lieu-dit le Goubet. En analysant le chemin sur la carte IGN, les courbes de niveau sont très très serrées et le Chemin descend tout droit. Ça sent la descente de St Privât d’Allier en 2022 et Valprivas en 2021. Nous demandons donc conseils aux gens du cru, à savoir nos hôtes qui ont déjà fait le chemin et qui sont belges flamands de leur état. Faut toujours se renseigner auprès des autochtones, y’a pas mieux comme conseillers ! Leurs commentaires sont :

  • il faut y aller tout droit sans s’arrêter en trottinant entre les cailloux et les racines
  • il y a régulièrement des accidents
  • l’association du Chemin de Stevenson, pense à organiser un détour

Super 🤨 Comme nous sommes sur un terrain très mouillé et glissant, vous voyez d’ici le topo ! La prudence nous inspire de contourner par la route.

Terre rouge issue de la lave des volcans
Vu sur le volcan
…en zoomant, c’est plus clair 🙄 (tout au fond, le monticule qui dépasse).

Nous espérions faire une halte dans un petit bar d’un micro bourg mais qui se trouve être fermé le mercredi. Pas de chance. Ce bar de village fait boulangerie, viennoiseries, animation, point-relais poste. Il manque juste clé-minute et plomberie-chauffage pour être complet. Plus sérieusement. Il me fait penser à l’initiative du groupe SOS de Nicolas Froissard (groupe dans lequel bosse Laet) qui a lancé un projet de « 1000-cafés » dans des villages. C’est concret au moins.

Nous reprenons le cours du sentier à la sortie du village et réalisons que c’est là qu’il faut prendre la route bitumée pour éviter la grosse descente de la mort. Nous revenons sur nos pas, et faisons la liaison sur route pendant 3 km jusqu’au Goudet, étape du jour. Je demande à Sophie si elle est OK pour que je fasse le passage difficile et la laisse seule. Arrivés aux pieds du GR70, je remonte ce chemin de rocailles, d’éboulis et de racines en 10 minutes en disant bonjour à un couple que je croise et le redescend dare-dare en courant comme j’adore faire. C’est physique, mais quel pied ! Je recroise le couple qui a dû me prendre pour un fada.

En rouge, mon délire du jour pas prévu au programme
Le château Beaufort du Goudet

Au Goudet, je rejoins Sophie au bar d’un hôtel dont le propriétaire nous laisse nous installer et part déjeuner. Après 30 minutes d’absence, il prend notre commande de thé et nous annonce « je n’ai pas de client ce soir, donc j’ai tout fermé. Mais vous pouvez rester à l’intérieur et vous fermerez la porte en sortant. » Sont cools dans la region. Vu la température extérieure, nous attendrons au chaud (disons à l’abri du vent) l’accès à notre gîte qui ne peut se faire avant 16 heures. C’est le problème des petites étapes : il faut partir avant 10 heures, et on ne peut pas arriver avant 16-17 heures. 13km en 7h même à genou, c’est trop lent !

Deco bobo-chic du bar

Comme il faut passer le temps et comme on commence à se prendre froid dans la salle du bar, nous reprenons la route pour nous bouger. Les bords de Loire (toute étroite à cet endroit vu que l’on est pas loin de sa source… qui est… réponse demain pour ceux n’auraient pas trouver d’ici là) nous permettent de nous réchauffer. Nous sommes alpagués par un vieux monsieur qui n’attend un peu que de parler. Il nous tient la jambe quelques minutes.

Faut dire que pour les rencontres et les échanges, c’est un peu morne plaine le Stevenson. Hier mardi, vu personne ; ce mercredi, un couple seulement. Tous les hébergements sont pleins (sauf notre super hôtel 1* de Goudet) : où sont les gens ? Vaness, il faudra venir à plusieurs si tu veux causer ou bien alors ce sera en mode médiation intense 🧘🏻‍♀️

Elle n’est pas belle cette balustrade en cintres ?
Saison de genêts

« Le plaisir de constater le centimètre parcouru sur la carte routière. »

Sylvain Tesson

4 commentaires sur « Monastier – Goudet 13km »

  1. Oh là là, la descente de Saint-Privat d’Allier 😬 maintenant que tu en reparles, j’ai mal aux tendons 😅 et je vois bien ce que tu dis d’une bonne grosse descente dans les cailloux et la boue ! sacré dénivelé que tu t’es avalé en tout cas Manu, bravo ! Et bravo Sophie de t’être écoutée et ménagée 😘 Quant à 1000 cafés, je trouve cette initiative géniale, j’en avais parlé à Laet aussi.
    Bien noté pour partir en groupe sur Stevenson si je veux éviter la bonne grosse solitude bien déprimante 😅😅
    Vos photos sont magnifiques en tout cas, ça donne envie (même avec le froid ! J’espère d’ailleurs que ça reste ‘gérable’ pour vous ces températures hivernales)

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    1. Ces températures hivernales sont éprouvantes, ça contribue à tendre nos épaules et tout le corps, pour moi qui ai déjà des douleurs partout, c’est un peu dur 😩.
      Un pas après l’autre… un pas après l’autre… un pas après l’autre…

      Aimé par 2 personnes

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