Goudet – Landos 20km

Le gîte du Goudet appelé Le pas de l’âne est une superbe bâtisse entièrement rénovée avec beaucoup de goût (en tout cas le nôtre). L’hôtesse est aussi à l’aise à parler avec ses hôtes que son mari est timide et réservé. Seul problème de la bâtisse : il continue de faire un froid de canard dans la maison, le chauffage ayant été fermé. Du coup nous demandons une couette de plus ! Le repas est roboratif avec une bonne soupe, une truffade de circonstance et un tiramisu. Nous faisons la rencontre de trois Messins en randonnée : le frère part devant en voiture, la dépose à l’arrivée, fait le Chemin en sens inverse pour venir à la rencontre de sa sœur et son mari. D’après son suivi sur l’appli Strava, il fait environ 80% de la distance des purs marcheurs. Inconvénient : il passe deux fois au même endroit. Avantage : il ne voit pas la meme chose à chaque fois puisqu’il est dans un sens puis dans l’autre.

Au départ du Goudet, nous croisons exceptionnellement plusieurs marcheurs. Ils sont tous emmitouflés : les mieux équipés ont un bonnet et des gants ; les moins bien coiffés de la capuche du blouson (comme nous) et éventuellement le poncho. Nous partons ce matin gaillardement avec une sensation différente : il semble faire moins froid. En fait la température est la même mais le vent du nord s’est arrêté. Du coup il fait presque bon…avec 8 degrés quand même !

Vallée de la Loire (en bas à droite)

Aujourd’hui, enfin, nous croisons un âne. Il s’appelle Barbouille. Il s’arrête tous les cinq mètres pour brouter de la bonne herbe tendre. Cela semble saouler un peu sa maîtresse. Cadre de santé dans un hôpital psychiatrique, elle gère déjà des problèmes toute la journée. Avec son âne qui avance, quand ça lui plaît, elle se recolle encore des difficultés de management. Pendant ce temps là, son mari et son chien sont partis devant et l’attendent sous un calvaire au village suivant. Après cinq jours de marche, en pestant contre son âne, elle va reprendre le boulot lundi remontée comme une pendule cette dame. Bonjour la première réunion d’équipe ! Pour info, un âne marche à 3 km/h, soit un peu plus lentement qu’un homme.

Barbouille n’en fait qu’à sa tête

En accédant sur le plateau à 1200m d’altitude, nous sommes impressionnés par l’état des champs à l’état brut, remplis de cailloux plus ou moins gros. Et juste de l’autre côté du chemin, les espaces sont entièrement domestiqués, prêts pour les plantations de diverses céréales. Il en a fallu du boulot pour enlever tous ses blocs et les entasser en muret de pierre sèche. Sacrés efforts que d’adapter ici la nature à la culture agricole.

Quelle journée de rencontres (correction Vaness, tu peux venir finalement) ! Un jeune homme est arrêté sur le bord du chemin à se masser les pieds. Faut dire qu’il va faire 36km aujourd’hui. Par rapport à nous, il fait en une journée ce que l’on fait en 2 et il se rajoute un petit quelque chose pour le fun. Il a 34 ans et est parti la fleur au fusil sans vérifier la météo. Il marche en short et en petit débardeur polaire et dors sous tente ! Il veut se connecter à la nature et vivre les affres de l’errance.

Nous avons bien marché ce matin : 14km en 4h. La pause s’impose au Bouchet-St Nicolas. Tout petit bourg mais qui est très bien organisé : un restaurant-bar nous accueille pour nous réchauffer autour d’un thé brûlant. On voulait en profiter pour faire quelques courses dans l’épicerie ouverte en ce jour d’Ascension et faire fonctionner le petit commerce local. Pas de chance : la porte est fermée et la patronne nous hèle en voiture en disant « je reviens ». On ne l’a pas vu revenir après 20mn d’attente et nous avons répris la route. Contrepartie de ce repos salutaire, le départ à cette altitude par un froid qui semble s’être renforcé (4° ressenti) est un peu plus difficile. Heureusement, il ne nous reste que 6km avant Landos, notre étape du jour.

Pour le logis, nous allons vivre une nouvelle expérience dans une roulotte à côté d’une écurie. On en a fait des hébergements mais une roulotte jamais. L’accueil de Myriam, qui nous sms « rentrez, c’est ouvert, installez vous », est très convivial : le goûter nous attend et il est grandement apprécié.

L’étape du jour

La roulotte est très bien aménagée et le chauffage fonctionne. Par contre, il y a plusieurs inconvénients à vivre en mode gitane ou manouche :

  • nous devons nous rechausser et marcher 15mn pour aller dîner en ville (en ville…vous nous aurez compris).
  • lorsque l’on fait notre séance de yoga, on se tape le lit superposé à droite et le frigo à gauche
  • Charles est heureux pour notre futur résidence principale mais nous dit que nous connaîtrons jamais nos petits enfants 😜

Bref, expérience à vivre… une nuit.

Roulotte
Boreal (Ponant)

Pour le dîner, nous avons réservé au gîte-bar-restaurant-boulangerie La Bascule. Il faut quand même ressortir et marcher 20 minutes dans le frais pour avoir notre dîner. Nous y retrouvons des marcheurs croisés plutôt notamment le couple avec l’âne Barbouille (la fin de l’étape semble avoir été plus simple après que le mari ait pris les rênes de l’ane).

Tout le monde parle avec tout le monde et nous invitons une mamie randonneuse seule à se joindre à nous. Hasard des rencontres : cette dame a vécu à Mennecy et à Chevannes (près de chez nous), il y a 30 ans.

Une fois encore, le repas est copieux et riche, ce qui nous permet de reprendre des protéines pour le lendemain. Nous finissons sur une crème brûlée verveine-myrtille, juste succulente.

« Je ne veux pas tourner en rond en moi même, je veux zigzaguer à travers vous. Je vous souhaite de pousser les murs »

Marie Robert

Un avis sur « Goudet – Landos 20km »

  1. Pour un mois de mai, il fait vraiment pas chaud sur ce chemin ! Je vous souhaite de trouver des brins de soleil et de chaleur aujourd’hui 🌟🌟🌟 et me voilà rassurée sur le fait que ce n’est pas la solitude absolue sur ce chemin 😅

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