Pradelles – Cheylard l’Evêque 24km

Première décision (de raison) prise ce jour : nous commandons le service de porte-bagages de la Malle Postale. Pour faire une étape longue en mode énergie, nous transférons tout le non-nécessaire dans le sac de Sophie qui sera transporté en navette. Dans le mien, tout l’obligatoire pour la marche : nourriture, eau, poncho. Par contre, au niveau techno, à la Malle Postale, il faudra se pencher sérieusement sur le modèle. Pour réserver la veille, ou l’avant veille, il faut patienter 25 minutes au téléphone jusqu’à trouver un agent fort aimable, au demeurant, qui prend la réservation et crée le dossier. Non, mais sérieux ! Avec leur expérience, toutes ces navettes qui tournent dans toute la France et la maîtrise parfaite des différents chemins, il n’est pas bien difficile de modéliser les trajets et de proposer aux randonneurs une réservation de transport en fonction des créneaux disponibles. Mais bon, c’est moi qui dois avoir l’esprit mal tourné du parisiengue.

Vu l’étape, le départ est matinal. À 8h40 nous sommes sur le pied de guerre. Nous nous arrêtons juste à l’épicerie du coin pour acheter une banane à manger tout de suite. Nous n’en pouvons plus de ces petit-déjeuners typiquement français avec croissant et pain beurre pour une clientèle à 80 % de randonneurs. Où sont les protéines (viande séchée, blanc de poulet, œuf dur, fromages, céréales) 🤔 ?

Pendant que je tente d’acheter un pain complet, Sophie fait connaissance avec un couple de marcheurs qui vient d’une autre planète. Ils ont fait 34 km hier (en marchant de 8h à 19h) et une trentaine est prévue aujourd’hui. Autant dire qu’ils vont arriver à Alès bien avant nous ! En voyant que Sophie n’a pas de sac, le monsieur s’exclame « Ah bah c’est bien, tu as chargé ton âne !». Je lui rétorque « je suis bien mieux qu’un âne : je marche plus vite car je ne m’arrête pas brouter le long du chemin. » ce sont les blaguounettes des randonneurs du matin !

Sébastien et Valérie (ce sont leurs noms) font l’article de la marche afghane. Ah ben en voilà un truc que l’on ne savait pas. Dixit Wikipedia, « La marche afghane est une technique de marche basée sur le principe de la coordination de la respiration au rythme des pas. Elle est née dans les années 1980 à partir des observations effectuées par le français Édouard G. Stiegler, auprès des caravaniers afghans, capables d’effectuer des marches de plus de 60 km par jour pendant des dizaines de jours”. En pratique, on inspire sur 3 pas, on bloque sur 1, on expire sur 3 pas, on bloque sur 1. En montée, on ne bloque pas. Sophie et moi nous nous y essayons avec plus ou moins de succès. Mais comme tout changement, il faut essayer et s’y tenir un peu.

Nous entamons une longue descente de 7km vers Langogne en compagnie d’une mamie qui a déjà fait St Jacques et le Kilimandjaro. Vous voyez le niveau ! Elle est aussi sympa que son mari (que nous rejoignons plus loin) est hautain. Nous les quittons dès l’arrivée en ville. C’est jour de marché : alors on fait quelques courses mais modérément pour ne pas se charger non plus. On a goûté une délicieuse brioche aux myrtilles mais qu’ils ne vendent que mode gâteau de 500gr.

A partir de là, c’est 17km de montée. Enfin, il y aura quelques rudes descentes mais surtout du dénivelé positif pour passer de 900 à 1250m.

Nous retrouvons tous les marcheurs que nous avions déjà vus plus tôt : les messins, déjeunons avec un couple d’anciens (Guy et Annie), le couple de marrants (la blague sur moi et l’âne) et les 4 amis que nous faisons que croiser et recroiser depuis 3 jours. Le Sébastien, toujours aussi blagueur, demande à Guy comment il a fait pour tenir 52 ans de mariage avec Annie : « tu as eu combien de maîtresses ? » Réponse d’Annie se tournant vers son mari : « euh, on en parle ? » Ambiance !

Les pousses tendres du printemps

Nous passons les 2 dernières heures de marche avec les 4 amis (1 couple et 2 amies) qui sont très sympas. Deux sont de Melun : on est voisins ! Nous buvons un pot dans le refuge du Moure et l’une des amie offre un badge « Stevenson » à Sophie. Entre-temps, la pluie a gentiment fait son apparition et la météo prévoit ce temps pluvieux tout le dimanche. Avec encore 24km, Sophie réserve un nouveau transfert de sac en Malle Postale (c’était très confortable pour elle de marcher sans poids. Ça l’aide pour l’énergie et le souffle).

Le dîner se fait sur une grande tablée, tous les randonneurs les uns à côté des autres. C’est quand même autrement plus sympa que de se retrouver par petites tables comme au Ponant hier. Nous sommes assis à côté d’un couple d’américains de Boston et d’un couple Franco-britannique. Nous passons une soirée très agréable à échanger nos histoires de marches. Nous prenons des idées de randonnée comme la Coast-to-coast au nord de l’Angleterre, magnifique semble-t-il. Le repas est succulent.

Notre suite du jour 🤭

Cela a bien changé depuis Stevenson

« Le vin y est des plus médiocres, l’eau-de-vie abominable. Et la visite d’une énorme truie grognant sous la table et se frottant à vos jambes n’est pas un impossible accompagnement du repas ».

Robert Louis Stevenson, « Voyage avec un âne dans les Cévennes »

6 commentaires sur « Pradelles – Cheylard l’Evêque 24km »

    1. Merci Jean-Claude. Et l’étape suivante a été plus difficile. La journée de repos ce lundi 22 va faire du bien aux organismes. Sophie a besoin de récupérer des forces.

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  1. Hello les marcheurs ! Ce soir je regarde « Antoinette ds les cevennes » et je souris en pensant à votre couple rencontré tirant leur âne 😁
    Bon repos demain 😘

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    1. Nous venons de finir le film que nous avons pris en route. Amusant et belles photos. Dans la vraie vie, il n’y a qu’un chemin à suivre et il est bien balisé. Vraiment aucune raison qu’elle se perde ou qu’elle passe dans des champs…sauf pour la belle photo 😉

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