Les Alpiers – Mont Lozère 17km

Aucun doute : de tous les hébergements faits, la Pigne des Alpiers est le meilleur gîte d’étape depuis notre départ. Point notable : c’est la troisième fois que nous avons une hôtesse qui s’appelle Myriam.

Vue du matin

Comme nous avons une micro étape d’à peine 10 km, nous ne sommes pas pressé ce matin et prenons notre temps pour continuer d’admirer le paysage. Cette petite randonnée n’a pas été choisie mais a été imposée par la difficulté de trouver des hébergements sur la traversée du Mont Lozère. Toutes les autres personnes qui étaient avec nous hier soir franchissent cet obstacle d’une seule traite et vont tous enquiller entre 25 et 35 kilomètres. Notamment un monsieur canadien du Yukon, au nord-ouest du Canada juste avant l’Alaska. Il est français installé là-bas depuis 40 ans et ne quitterait ses -40 degrés l’hiver pour rien au monde. Par contre, pour lui, seule la France offre un tel éventail de chemins pédestres. Son ami québécois confirme que chez lui, les parcelles de terre entre propriétaires ne disposent pas d’espace libre laissé aux troupeaux (usage premier) puis au marcheurs (marchands à l’époque lointaine et randonneurs aujourd’hui).

Mais pourquoi est-ce aussi calme ici. Il faut savoir que la Lozère est le département le moins peuplé de France avec 75 000 habitants… au total. Par comparaison, Évry-Courcouronnes est à 50 000 ! C’est donc le département le moins dense avec 19 habitants par kilomètre carré. Dans le hameau où nous étions, il y avait 13 habitants. Les contraintes urbanistiques imposées à notre hôtesse pour construire ses chalets et autres cabanes en bois d’ici avec des entrepreneurs du coin semblent être plus souples pour les constructions de maisons récentes qui détonnent dans le paysage de Lauzes et de pierres : mais il faut bien que les jeunes s’installent pour faire vivre le pays.

Le village du Bleymard est notre point ravitaillement du jour avec un Carrefour Market bien pratique pour recharger en amandes, sardines et foie de morue et tablettes de chocolat. L’inconvénient majeur de ces recharges est qu’il faut tout porter d’un coup. Ce coin grand comme rien dispose d’un collège et d’une maison médicale. Vu la densité de la population du département, il faut bien qu’un village propose un peu tout.

La boulangère est super sympa. Comme il n’y a pas foule, elle nous parle de son village, du site minier réputé qu’il a été pour le plomb et l’argent. Déjà connu à l’époque romaine, la mine a fermé en 1970 en raison des conséquences des traitements à l’arsenic. Pour être clair, hormis l’agriculture, le tourisme est la source d’activité et d’animation du coin. Nous lui achetons deux chaussons aux myrtilles pour le dessert qui se révéleront être une tuerie 😋.

Peigne à myrtilles (petit) et à châtaignes (grand)

Comme nous avons le temps, nous flânons en ville et rencontrons Patrick et son âne Hector. C’est la pause énergie : Patrick sort un sac Favrichon (mes céréales bio) et donne à son âne un cocktail détonnant. Le baudet devait être au refuge du Mont Lozère pour midi. Il est arrivé à 16h. Il n’en a fait qu’à sa tête (l’âne pas Patrick) et est même reparti en arrière, stoppé par des randonneurs plus bas. Ils devaient passer le Mont Finiels ce jour : ils le passeront demain avec nous.

Âne Hector et son maître Patrick

Il faut admettre que la pente était sévère pour arriver à la station de ski Mont Lozère. Je suis admiratif de l’énergie déployée par Sophie. Comme elle dit « en automne cancer, au printemps Mont Lozère » 🤪. Message reçu ce jour d’une copine de Sophie :

Sophie en plein effort
Vue du Bleymard d’en-haut

« Célèbre ce corps qui s est relevé, qui guéri. Célèbre cet esprit qui accepte et retrouve sa joie. Quel beau cadeau ce chemin pour sentir que corps et âme sont vivants!»

Laëtitia, copine de La Ligue contre le Cancer

A 12h15 Sophie entre dans le refuge (qui est en fait un hotel-gîte) et se présente à l’aubergiste : « bonjour nous avons une réservation ». Vous auriez vu la tête de la tenancière qui a regardé son horloge puis a levé les yeux au ciel du style « ils ne sont pas biens ceux-là ». Avec un grand sourire d’hôtesse de l’air, Sophie l’informe que nous ne voulons pas notre chambre mais juste déposer un de nos sac. Le sourire fait tout : la responsable nous propose de nous installer à l’intérieur pour pique-niquer car il fait trop froid dehors. En remerciement, je lui laisse une piscine sous la table, mon tuyau de camel bag n’étant par verrouillé 🤭. J’ai tout épongé, l’honneur est sauf.

Il est 13h, nous décidons de ne pas en rester là et continuons la montée de +300m vers le col du Mont Finiels. Notre balade est superbe et nous permet de découvrir une partie du massif que l’on n’aurait pas vu sur la Chemin. Bon ok : sur une étape initialement prévue de 7km, on a terminé à 17km. Mais on a bien profité : un renard a détalé devant nous et des busards ont tournoyé au-dessus de Sophie à la recherche de chair fraîche !

Nous regagnons notre logis pour la nuit. Lorsque l’on voyage un peu comme nous, on réalise la qualité de la prestation hotelière en comparant avec ce qui est disponible dans la France profonde. Mon ami Jean-François, lecteur assidu de notre blog et directeur d’hôtel de grand standing, devrait venir faire un tour ici pour rigoler deux minutes 😄. Ce soir, focus sur la serviette de toilette. Elle doit être épaisse comme un Sopalin triple épaisseur et est trempée rien qu’en nous regardant sortir de la douche. Même chez Ibis elle est plus épaisse. M’enfin, la randonnée nous fait tout relativiser. Déjà qu’on a de l’eau chaude 😇

« La chambre était aérée, l’eau excellente et l’aurore m’avait appelé à l’heure voulue. Je ne parle pas de la décoration de l’inimitable plafond, non plus que de la vue que j’avais de mes fenêtres. Mais j’avais le sentiment d’être en quelque manière le débiteur de quelqu’un pour toute cette généreuse réception »

Robert Louis Stevenson

3 commentaires sur « Les Alpiers – Mont Lozère 17km »

  1. La conquête des mines a motivé Cesar pour envahir la gaule soit disant appelé par les Suisse de l’époque qui passait par là chaque année et qui avait été soit disant attaqués par les locaux assoiffés de sang : une victoire facile face au Sénateurs, avec plein de richesses pour payer les lobbyistes à Rome. La voie vers sa gloire.

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