Pont de Montvert – Bedoues 25km

Pont de Montvert du départ

Nous quittons Pont de Montvert avec un esprit conquérant, une étape assez magique temps au niveau du confort de l’auberge des Cévennes, que de l’accueil, et de la nourriture. C’est définitivement pour nous une halte inoubliable. En discutant avec le patron ce matin, il apparaît néanmoins, que ce village est difficile à vivre de novembre à mars. En raison de son fort encaissement dans une vallée abrupte, les locaux sont rapidement en dépression, dès l’hiver venu. Il y a aussi une forte augmentation du nombre de décès. Bref, un charmant petit coin à vivre du milieu du printemps au début de l’automne !

Montée du matin

Nous partons pour une belle étape de 24 km qui nous mènera à Bédouès. Après une montée de 100 m de dénivelé, nous redécouvrons le panorama minéral rempli de genêts de la veille. Comme dit Sophie, on parle de l’Aubrac, mais ici c’est vraiment très joli aussi.

Nota : les photos n’ont absolument pas été retouchées en terme de couleurs ni de contrastes.

Genêts
Pâquerettes des Cévennes

Nous croisons certains marcheurs qui nous parlent des intempéries d’hier après-midi. Pour nous, hormis quelques gouttes, le temps de mettre le poncho, un quart d’heure, que les corps se transforment en sauna, c’était terminé. Mais pour ceux qui étaient à 30 minutes ou une heure derrière nous, ce fut une véritable douche avec pluie d’orage et grêle. Ils sont arrivés trempés à Pont de Montvert. Comme quoi, en montagne, le temps peut basculer très rapidement et de façon ultra localisée.

Cairns

Autant l’auberge des Cévennes était une halte délicieuse, autant les conseils de l’aubergiste étaient foireux. Il nous a dit que, hormis la montée un peu sèche pour sortir du village, tout le reste était très roulant. Roulant, tu parles ! On s’est tapé 10 km de montée franchement raide dans de la rocaille et de la pierre de lauze pour arriver au sommet. Il est très bon hôtelier, mais ne le prenez pas comme guide.

Ascension de +500m vers le Signal
Picnic de luxe

On avait dit que pour le picnic du jour cela allait être festival. Et bien ça l’a été. D’abord salade italienne Saupiquet, un petit morceau de fromage de brebis pour Sophie et un morceau de saucisson hyper bon sur du bon pain de seigle. Le tout face à un panorama incroyable. Nous signons tous les jours pour une cantine comme ça !

Cantine avec vue

Il faut au moins tout ça pour affronter les 12 km de descente non-stop depuis le point haut du signal à 1400 mètres pour rejoindre Bedoues à 600m, notre camp de base pour ce soir.

« Attachez vos ceintures, début de descente »

Pour la première fois, nous n’avons pas trouvé notre chemin. La carte IGN ne montrait pas précisément qu’il fallait revenir sur nos pattes pour continuer la descente. Du coup, nous nous sommes un peu aventurés dans de la mini escalade en réalisant rapidement que ce n’était pas le bon chemin. Un trio de randonneurs nous remet sur la bonne voie.

Nous retrouvons notre couple de jeunes marcheurs que nous avions photographiés au sommet du signal. Ce sont deux ingénieurs spécialisés en parc naturel régional : elle est des Pyrénées Orientales côté catalan et lui des Corbières. On avait repéré qu’il dégainait assez vite ses jumelles pour observer les rapaces. Il nous explique le concept de Natura 2000. Kezako ?

Le réseau Natura 2000, constitué d’un ensemble de sites naturels, terrestres et marins, vise à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe. Ils travaillent avec toutes les parties prenantes locales, départementales et régionales pour préserver les ressources naturelles tout en développant le tourisme. À titre d’exemple, ils ne sont pas contre la horde de Quads et de motocross qui sont passés devant nos pieds en soulevant des nuages de poussière 😟.

Nous avons marché avec trois personnes de Bretagne. Ils nous ont paru un peu être les pieds nickelés de la randonnée : chaussures neuves, achetées trois jours avant le départ, sac de couchage dans le sac alors qu’ils dorment en gîte avec linge de lit fourni, sur-pantalon de pluie et de la nourriture à ne plus savoir qu’en faire. Du coup, même avec la Malle Postale qui transporte leurs bagages, ils se trimbalent entre 6 et 13kg sur le dos.

Tuyau du marcheur que l’on partage avec la communauté : avant d’acheter des chaussures, 1/ il faut prendre entre une taille à une taille et demi au-dessus de sa pointure et 2/ l’idéal est de marcher quelques heures avant d’aller au magasin, pour que les pieds soient bien gonflés. Lui a pris des chaussures à sa taille. Et du coup il marche avec un pied dans une sandale et l’autre dans sa chaussure de marche à cause des ampoules. C’est bien, il engrange de l’expérience.

Dans la longue descente qui n’en finit pas, nous tombons sur quatre camions de pompiers en exercice. Il s’agit des énormes 4×4 qui servent à la lutte contre les feux de forêt. Comme la Lozère est le département le moins peuplé de France (maintenant vous le savez), tous les pompiers sont volontaires. Les camions sont en stationnement mais moteurs tournants car il s’agit d’un exercice pour les jeunes en formation. Ils ont gravi une paroi très verticale avec tout leur équipement plus de 25 kg de tuyau dans le dos, qu’il faut hisser jusqu’au lieu du départ de feu présumé. Les vieux briscard restés près des camions me proposent de soulever l’attirail qu’il faut mettre sur le dos. 25 kg : il faut se les porter avec tout l’attirail et la tenue feu ! Deux des pompiers connaissent bien Ris-Orangis et Saint-Fargeau pour y avoir de la famille. 😁

Pompiers volontaires de Lozère en exercice
25kg sur le dos pour 3 tuyaux

Nous finissons l’étape avec le couple de jeunes naturalistes, qui, plutôt que de descendre, en face direct sur Florac, ont pris la route avec nous, ce qui les rallonge de 4 km et qui leur fait une étape total de 30. C’est mieux pour nous que pour eux ! Sophie est vraiment fatiguée et moi, je suis bien content d’arriver. 25km c’est une distance maximum avec ce dénivelé.

Et nous avons passé nos 200km ce soir 🏁

Église de Bedoues

Étape à la Collégiale de Bedoues. Comme ça, sur le papier, ça s’annonce pas super. Mais finalement, le gîte est très agréable et confortable. Nicole, notre hôtesse du jour est une cuisinière hors pair et très généreuse. C’est la première fois que l’apéro et le vin de table est offert. Ça change de que l’on a eu jusque là. Et le dîner est succulent : soupe de fève à la tome fraîche, suivie d’une daube de sanglier aux châtaignes et des fraises à la chantilly (fait maison bien-sûr, comme tout le reste) en dessert (j’en ai juste repris 3 fois 😋).

Humm, quel festin !

5 commentaires sur « Pont de Montvert – Bedoues 25km »

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