Cahors – Lascabanes 24 km

Bon allez, on attaque dans le dur direct : première étape de 24 km, histoire de nous mettre en jambes. Ça n’est pas par goût de taper fort mais comme vous le savez maintenant (en aficionado que vous êtes de notre journal de bord), ce sont les hébergements qui décident. Et comme Sophie fait tout son possible pour éviter un quelconque écart qui nous rallongerait, et bien parfois, faut ce qu’il faut (je vais devoir faire des efforts de syntaxe car nos amis anglophones, Michael, Adrian et Cory, nous lisent en traduction automatique et pas sûr que l’outil nous comprenne toujours).

L’organisation du transport du sac de Sophie a été un peu compliqué à mettre en œuvre. Son interlocutrice était au bout du rouleau (« je suis toute seule au bureau, j’élève mon enfant seule avec 700€, si vous croyez que c’est facile de gérer tous ces plannings »… Ouhlala 🫨 « eh bien on va faire simple alors »).

En pratique, d’après les infos glanées, la société La Malle Poste ne fournit que partiellement le service de portage. Sophie trouve une nouvelle organisation, Les Valises de St Jacques. Mais elle paraît un peu moins efficace. En tout cas la prise en charge depuis Cahors est laborieuse. Entre la personne qui vient chercher les sacs qui ne peut pas monter 3 étages et l’office du Tourisme qui peut stocker des bagages mais max jusqu’à 12 sacs (et ils sont fermés entre 12h et 14h), ca n’est pas simple. Dans le doute, nous mixons quand même nos affaires dans mon sac pour être sûr d’avoir le minimum ce soir au cas où la logistique ne suivrait pas. On va tester mais en restant vigilant. Finalement, l’hôtel La Charteuse dans lequel nous avions séjourné en fin de Chemin veut bien que nous y déposions notre sac.

Quel petit déjeuner, nous avons eu ! C’était digne d’un cinq étoiles. Patrick, l’époux de Veronique nous a apportés deux beaux plateaux en argent avec nos porridges, deux smoothies avec fromage (nul besoin de préciser pour qui) et un œuf coq 4 minutes délicieux. Le plein d’énergie et de protéines est fait. Nous quittons Cahors sous la grisaille et une température frisquette de 11 degrés en ayant déposé le sac de Sophie (y’a plus qu’à prier). Et c’est parti à 9h tout pile.

Gîte « 3e droite »

Après une belle attaque verticale bien casse-pattes juste en sortie de Cahors, dès la fin du pont de Valentré, nous sommes enfin sur le Chemin. C’est vraiment trop cool. Nous attendions cela depuis 12 mois. Nous sommes heureux. Comme l’étape est longue, nous devons gérer l’effort : la distance est la seule difficulté du jour.

Cahors vue du haut

Le temps est maussade. L’ondée du jour nous contraint à enfiler nos ponchos pendant environ une heure mais les gouttes sont gentilles. Les locaux eux en ont marre : il pleut tous les jours depuis deux mois. Ils n’ont jamais vu ça ! Je profite de l’occasion pour remercier cette belle invention de Poncho Villa*, célèbre brigand méxicain devenu général d’armée pendant la révolution mexicaine (1910-1920). Il avait enduit une bâche pour se protéger des orages peu fréquents mais violents dans les Sierras de son pays.

Style no comment

De toute façon, après la pluie, il y a toujours une équercy (ouhlala, ça fuse ce soir). C’est l’énergie du Chemin 🤪 (dommage pour la traduction mais ce sera sûrement non traduisible).

Nous rencontrons un couple : la femme tire un chariot un peu spécial sur lequel elle a déposé son sac tout en laissant les anses orientées vers l’extérieur. Plateau en titane, axe ajustable en largeur, les poignées sont en fait ses bâtons de marche accrochés à sa ceinture. Malin. Donc, en cas de forte montée ou de sentier trop étroit ou bien escarpé, elle retire les bâtons et met son chariot sur son dos en enfilant les anses du sac. Voici une belle invention de jeunes de la société Tactical 13… à 3800€ l’attirail. Ah, tout de même 🤨.

Après une pause pique-nique au bout de 4h de marche (l’après-midi, nous voulions qu’il ne reste « que » 10/12km car ce seront les plus durs). Heureusement, pour animer le trajet, nous avons fait la rencontre de Pascal et Agnès, deux pèlerins vélocipédistes suisses. Ils sont partis depuis leur canton pour un direct Saint Jacques, un bout du Portugal et un retour à la maison. Tout ça sur 6000km en 6 mois. Ils bossent tous les deux et on pris un congé pour ce périple. Loys et Anne-Françoise, ça vous dit (voici l’itinéraire pour les idées) ?

On passe un bon moment à échanger, nous à pied et eux au ralenti sur leurs machines lestées de 30 à 40 kg de matériel (car il faut tenir tout le printemps, l’été et l’automne). https://gaggero.ch/pog/expedition-ultreia/ Agnès est biologiste : c’est cool car elle nous montre les orchidées du Quercy qui poussent au printemps. Ils ne prévoient rien à l’avance pour leur hébergement mais ont la « facilité » de pouvoir faire un « petit » détour si besoin. Nous échangeons sur la Via Francigena qu’ils ont fait aussi depuis Canterbury jusqu’à Rome. La partie française jusqu’au Jura est assez peu développée en terme d’hébergements et de nourriture : c’est bon à savoir. Merci pour le tuyau.

Agnès et Pascal

Après 7h de marche, épuisés, nous découvrons avec plaisir notre halte pour le soir. Un grand bungalow tout neuf en bois qui domine la vallée. On va être bien.

Nous passons devant une maison ultra-moderne qui se trouve être une grange retapée de façon ultra moderne avec une vue à couper le souffle (la même que la nôtre en fait). En discutant avec notre hôte, nous apprenons que c’est la sienne !

Les Hauts de Las Cabanes, vue de dehors
Vue de l’intérieur

Après le thé revigorant, on attaque les ablutions, la lessive et les étirements. Ça tire fort pour Sophie : une bonne nuit de sommeil et deux gouttes de CBD américain et hop, ça repartira. Demain, une autre étape de 20km, histoire de ne pas perdre le rythme. Voici pour la première journée de retour sur le Chemin. Nous sommes cuits mais heureux, c’est ça qui compte. J’oubliais : le sac de Sophie l’attendait bien devant la porte 😮‍💨.

Dîner délicieux (canard confit et pomme de terre grillées, on vous l’avait dit qu’on allait enchaîner les spécialistés locales) avec Éric, ancien directeur de Création chez Publicis, qui a bénéficié d’une fin de carrière pour se faire payer une reconversion et des cours de cuisine. Ils ont acheté dans le Lot avec comme projet d’ouvrir un gîte-table d’hôtes, Les Hauts de Lascabanes. On a passé un bon moment à discuter sur l’économie locale. Nota: toute la région est fibrée et en 4G.

«Réfléchis à ce que tu mets dans ta tête car ça y restera pour toujours»

de Cormac McCarthy, « Sur la Route » roman puis adaptation en BD

* son vrai nom est Francisco Villa dit Pancho. Mais je trouvais que mon histoire sonnait vraie.

9 commentaires sur « Cahors – Lascabanes 24 km »

  1. That’s quite a start for you two!
    so where/how does Sophie use two drops of CBD? And it works??

    warm greetings to you both. I feel so bad with you suffering over duck confit!! Haha

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    1. Bonjour Cory

      I bought the CBD in Las Vegas but I think you can find it near you. I put a drop under my tongue every evening. Before the hike, it worked well but now I hurt everywhere and I have to wait to see if it works.

      Amicalement

      Sophie

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  2. Nous aussi on a dormi à la chartreuse avec leur forfait pélerin!

    oula en effet la montée initiale depuis Cahors est bien sèche!

    Encore une belle suite d’aventure!

    Aimé par 2 personnes

    1. Depuis Lascabanes, le GR65 en version pédestre a été une véritable galère ce matin jusqu’à Montcucq. Par où êtes-vous passé ? Car à vélo, à notre avis, c’était impraticable. Bon Chemin.

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