Nous reconnaissons la patte de l’apprenti-cuisinier pour notre petit déjeuner. Belle salade de fruits de saison coupés façon julienne en morceaux de 5 mm! Le départ se fait sous un temps moyen et une température très fraîche de 11°. Mais je commence en short : on n’a jamais froid aux jambes !

À peine avons-nous quitté le route d’accès à notre gîte que nous revenons direct dans la boue. Et ça n’était que l’entrée. Un petit stop à La Pause de Lascabanes pour un café, une banane et un cannelé tout frais, fait maison. Nous essayons de faire travailler les petites épiceries de village dès que nous le pouvons. Nous passons devant la toute petite Chapelle de Saint-Jean-Le-Froid : quelques intentions de prières sont laissées sur un meuble et un cahier est prévu pour en écrire d’autres. Mais à côté du cahier de l’année, sont entreposées de dizaines de cahiers des années précédentes. C’est émouvant et nous pensons à Cory, notre ami marcheur californien à qui nous avions expliqué le concept.


Après cette halte spirituelle, c’est vraiment parti. Et là on a mangé de la bouillasse comme jamais. Il disent ici que « la terre est amoureuse » quand elle colle comme ça. Pour se rendre compte, le GR65 fait 80cm de large et couvert par les branches des arbres qui empêchent le chemin de sécher. À cela, vous rajoutez 6 mois de pluies quotidiennes et vous avez le topo. Ça a été très pénible pendant 3h30, jusqu’au faubourg de Montcuq. Enfin faubourg, il faut entendre 3 maisons dans un hameau sur un plateau, qu’on se comprenne bien.



Sur la descente vers le village, nous faisons la connaissance de Steven et Bronwen, un couple de retraités australien. Ils ont déjà fait une partie du Chemin de St Jean Pied de Port à Burgos. Cette année, ils ont décidé de faire Cahors-Moissac soit une centaine de kilomètres. La dame s’épanche sur le mode de vie français et nous confie que, nous ici, on a un bien meilleur équilibre de vie que leur pays « down-under ». On discute économie et immigration. Cela rend la descente plus sympa vers Montcuq et ça nous change. Nous prenons place sur une aire de pique-nique « marcheurs » pour nous restaurer et laver un peu nos chaussures et bas de pantalon qui en avait besoin (merci le robinet d’eau potable).


Pour le dej, comme tous les ans on se fait une spécialité protéinée exotique. L’année dernière c’était viande séchée de Namibie rapportée par mes parents de leur voyage. Cette année, ils nous ont offert des saucissons de Norvège : au choix cachalot, élan ou rêne. Du coup, on se fait le pique-nique de viking aux rênes. Ça tient au corps. Et le cannelé était délicieux.

Comme nous avions un timing un peu en avance et que la météo était prévue ensoleillée, on a fait une incartade au programme pour faire le tour du charmant village de Montcuq qui vaut le détour. Grosse erreur, très grosse erreur !
En sortant du patelin, un panonceau agrafé à un poteau nous enjoint de suivre le chemin par la droite. Vérification faite sur l’appli IGN mise à jour avant de partir, le GR65 ne passe par là. J’ai cru que c’était un attrape touristes comme il y en a régulièrement sur le Chemin. Donc on s’en tient à l’appli de l’état français, oui Môsieur !

On attaque une forte montée humide mais pleine de cailloux donc gérable. Mais certaines balises bleu-rouge du GR ne sont plus accrochées aux arbres. Bizarre ! Mais l’appli continue de nous dire que l’on est sur le bon sentier. La pluie non prévue arrive. Et après la montée, il faut bien descendre. Vous noterez la pente vers la fin du graphique : c’est dur pour les articulations de Sophie qui n’ont pas besoin de ça pour souffrir. Arrivés en bas, des trombes d’eau s’abattent sur nous. Nous trouvons un abri Jacquaire de fortune (il tombe à pic celui-là). Mais nous ne pouvons pas y passer le reste de la journée. Nous repartons donc en mode pataugeoire. Sophie est à bout à partir du kilomètre 15 et il en reste encore 5 soit 2h. Nous décidons donc de laisser définitivement le GR et de finir les deux dernières heures par la route, heureusement peu fréquentée.


La pluie finit par s’arrêter et le soleil revient timidement. Les hanches et les pieds de Sophie lui font mal mais elle serre les dents jusqu’au bout. Une dernière côte à passer et on arrive à 17h. Cet horaire est trop tard pour faire ce que nous avons à faire avant le diner servi à 19h. Du coup on déroule douches, yoga pour les etirements, lessive (car il y a un sèche-serviette) en mode rapido sans avoir pu vraiment souffler.

“Si ce que tu souhaites me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi voudrais-je le savoir?” Socrate
La vérité, la bonté et l’utilité sont les trois filtres de Socrate. Selon le philosophe, ce sont les trois questions que toute personne doit se poser avant de dire quelque chose.


nous aussi on s est fait prendre par l orage… et on s est spontannément arrêter à Lauzerte.
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Du coup, vous n’êtes pas si loin de nous. J’espère que votre halte fut confortable pour pouvoir sécher. Bon Chemin.
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oui parfaite…
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le paradis ça se mérite!!!!vous venez de faire un grand pas vers lui .nous pensons très fort a vous et vous accompagnons dans votre périple. on vous embrasse
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Merci. On a besoin de vos encouragements car galère vraiment. On a jamais vécu cela depuis 3 ans 😩
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Quel courage de marcher dans la boue et sous la pluie + les montées et les descentes !
je vous souhaite un meulleur temps et du coup moins de boue.
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