Auvillar – Miradoux 18 km

Comme nous l’avions craint la nuit dans le gîte d’Irène fut fraîche et humide. Sophie n’a trouvé que partiellement le sommeil à cause de ces douleurs articulaires (quelle cochonnerie ce traitement, mais bon, c’est pour sa guérison totale, alors). Nous partons néanmoins de bon pied-bon œil pour une étape moyenne de 18 km kilomètres. Ce village d’Auvillar nous aura bien plu : la fête de la St Noé n’y est pas étrangère.

Lundi 27 mai, 10h, 6e jour, 100 km

Saviez-vous que les armes de la famille Esparbès de Lussan figurent sur la calandre des voitures américaines Cadillac? On le doit à Antoine Laumet (1658-1730), un aventurier né dans le village voisin de Saint-Nicolas-de-la-Grave. Il part chercher fortune aux Amériques où il s’inventera le titre de Seigneur de Lamothe-Cadillac, empruntant au passage le blason des Esparbès de Lussan. Après de multiples péripéties, il fondera la ville de Détroit, qui deviendra la capitale de l’automobile aux Etats-Unis. Une statue lui a été élevée et la marque Cadillac commémore son nom.

Nous entrons désormais dans les vallons de Lomagne, paysage caractéristique du pays Gascon.

Paysage de Lomagne (Gers)

Première difficulté de la journée avec 70 m de dénivelé aux courbes de niveau serrées. Finalement, ça passe assez bien : le terrain est gras, mais n’est plus boueux. On discute avec un garde forestier du Gers qui nous a enlevé un arbre tombé sur le Chemin. Il nous dit avoir descendu une personne qui faisait le chemin avec des cannes anglaises. Nous la croisons un peu plus bas assise sur un banc avec ses deux cannes. Nous la saluons, elle ne répond pas. Nous continuons notre chemin.

Nettoyage de la piste
Prêt pour la grande descente

Le sentier est emprunté également par des cavaliers, puisqu’il se trouve être le chemin d’Artagnan. Il s’agit une route équestre transnationale. Cinq chemins sillonnent plusieurs pays sur les traces du plus célèbre mousquetaire gersois, depuis Lupiac (Gers), lieu de sa naissance jusqu’à Maastricht (Pays-Bas), lieu de sa mort.

Nous passons par St Antoine, village haut débit annonce le panneau (et on peut le prouver puisque les gars tiraient les cables de fibre optique sous nos yeux). Il doit y avoir un peu d’animation vu que l’on entend des enfants dans une cour de récréation. Il y a surtout un charmant bistrot-restaurant-épicerie qui nous tend ses petits bras. Au moment de boire le café, la tenancière installe de magnifiques viennoiseries locales. Je ne peux résister à une croustade gersoise qui nous servira de dessert pour la pause déjeuner.

Nous continuons à monter et descendre les vallons du Gers qui font penser à la Toscane (ou la Toscane fait penser au Gers, c’est selon). Au sommet d’une belle côte, nous découvrons une halte jacquaire orientée plein sud avec rondins de bois pour s’asseoir, pâtisserie et café en libre-service et donativo, le tout face à un panorama à couper le souffle. Nous décidons de faire notre halte du midi : c’est juste magique. Alors, cette croustade ? C’est une sorte de grand chausson aux pommes rehaussées d’une pointe d’Armagnac. Un régale !

Croustade humm 😋

Encore deux belles descentes et deux grosses montées pour atteindre l’étape du jour de Miradour à 14h30. Le rythme a été bon aujourd’hui car on n’est jamais arrivé aussi tôt sur zone. Le jardin est ouvert avec des fauteuils confortables qui nous permettent d’étendre un peu les jambes avant d’avoir accès aux chambres. Un sirop nous est offert par Jean-Christophe, notre hôte du jour qui nous conte son histoire.

Gîte « chez vous chez nous »
La pause méritée de Sophie

Rugbyman talentueux, orientation pro et destin national stoppé net à 20 ans par un chauffard ivre. Rugby terminé. La colère monte et les bêtises de jeunesse s’accumulent. Son grand-père l’invite à déjeuner au Puy-en-Velay pour lui parler de résilience, dont son petit-fils ne connaît pas la signification. Au terme du repas, le papy ouvre son coffre, lui donne son sac à dos, ses chaussures de marche et lui dit « tu vas apprendre la signification du mot résilience et quand tu seras arrivé à Compostelle, je viendrais te chercher ». Jean-Christophe a fait le Chemin en 52 jours et son grand-père n’est pas venu le récupérer. Cette expérience lui a forgé le caractère et la remis dans le bon chemin. Il le refera seul 10 ans plus tard en 58 jours.

Jean-Christophe

Notre hôte et son épouse nous gâte : apéro Floc (qui veut dire fleur) d’Armagnac, un délicieux dîner et un Armagnac en digestif que tout le monde décline. Nous avons 8 places à table alors que nous ne sommes que 7 présents : Jean-Christophe, par habitude, rajoute un couvert supplémentaire pour le Pèlerin perdu et par tradition. Nous faisons un peu plus connaissance avec le « quatuor », quatre femmes d’une même famille qui marchent une semaine tous les ans ensemble.

« soyez l’arc-en-ciel dans la vie de quelqu’un »

sans auteur

3 commentaires sur « Auvillar – Miradoux 18 km »

Répondre à sophies70 Annuler la réponse.