Miradoux – Lectoure 17 km

Il est dit qu’il faut entre 3 et 7 jours pour prendre le rythme du Chemin. On en est au 7e ce matin et ça va mieux enfin presque : ça tire toujours fort dans les pieds et les genoux pour Sophie, et la tête, allouette ! Ma pointe musculaire dans le dos se désagrège gentiment après les massages à la Lili de Sophie (je crie pareil et ça fonctionne). Bref, on commence à prendre le rythme du Chemin.

Nos hôtes d’hier soir nous ont partagés les petits trucs des hébergeurs. Ils ont d’abord créer un groupe WhatsApp qui regroupe les amis du chemin, groupe libre mais mode cooptation, tout le monde n’y accède pas. Il permet de se partager les trucs et astuces ainsi que de remonter au gîte en amont l’état des sentiers. Mais il permet aussi d’envoyer en aval des jnfos et des commentaires sur les marcheurs qui arrivent. Les mauvais coucheurs, les ronchons et ceux qui critiquent jusqu’au chant des oiseaux et des cloches d’église sont « bien accueillis ». Ils s’échangent également les bons mots et les aventures des marcheurs. Notamment un qui, un jour, est arrivé à l’étape super énervé et fatigué ; après enquête, il portait des boules. Oui oui, des boules de pétanque ! Ce marcheur pensait que ça allait créer une certaine convivialité à l’étape du soir. Son hôte lui a proposé de les renvoyer chez lui ou bien de les garder précieusement jusqu’à ce qu’ils viennent les rechercher lui-même. Et son hôte de lui recommander ironiquement : « la prochaine fois, prenez un jeu de cartes. »

Comme souvent aux abords des routes bitumées, les départements installent des panneaux avertissant les automobilistes de faire attention au marcheurs de Compostelle. À bien regarder l’illustration, on peut voir que l’homme porte un gros sac et la femme un tout petit. Nous trouvons cette image bien sexiste, sachant qu’il y a beaucoup plus de femmes qui marchent sur le chemin que d’hommes, et pour la très grande majorité, portent leur sac aussi gros que celui des hommes. #metoo

Il est 11 heures, et le tout micro village de Castel-Arrouy nous accueille pour le café matinal. Le père et le fils discutent des avis sur les réseaux sociaux pour leur restaurant, La Plancha, car Jules est en train de monter son dossier de reprise de l’activité de son père, Patrick Bayonne. Je partage quelques modestes tuyaux sur l’importance de répondre à tous les commentaires négatifs (c’est une obligation), et positifs (c’est toujours bien). Au moment de régler mon café, le patron m’a dit que c’est pour lui en remerciement des conseils donnés. Sympa 😊. Nous recommandons cette charmante halte face à une église du moyen-âge très jolie.

Jules et son papa Patrick
Même les mauvaises herbes poussent dans la boue
Ils entretiennent bien le chemin dans le Gers

Nous arrivons à Lectoure, notre étape du jour vers 14 heures apres une montée coriace. Nous toussons un peu au passage d’une Mercedes 240D hors d’âge qui nous crache son diesel à la face et d’un tracteur municipal à la descente tout aussi polluant. Avec nos alvéoles pulmonaires ouvertes à fond, on frise l’apoplexie !

Lectoure est une charmante ville médiévale sur un piton rocheux, lieu de naissance du Maréchal Lannes mais surtout réputé pour ses nombreuses brocantes et galeries d’art. La petite ville de 4000 habitants est assez jolie, dommage qu’elle ne soit pas bien entretenue au niveau des façades ce qui rendrait cette grande rue encore plus agréable.

Anne-Sophie nous accueille dans son gîte A2-Pas en nous mettant à l’aise par un tutoiement direct et une grande spontanéité. Elle a entièrement rénové sa maison de ville de 350 m², qui, après un long couloir sombre, donne sur une cour fraîche qui doit être très confortable l’été. Anne-Sophie vient du Nord. Elle s’est installée dans le sud-ouest il y a 9 ans pour ouvrir un gîte. Désormais, elle souhaite vendre ou bien éventuellement louer à une association qui s’occuperait des femmes battues.

L’avantage d’avoir une étape courte est de nous poser, profiter d’une glace, déambuler en ville et boire un thé au Cochon Bleu, librairie-salon de thé, halte obligée pour Sophie.

Nous dînons en compagnie d’un couple marcheur de Normandie, Salvatore et Véronique, jeunes retraités, qui iront jusqu’à St Jean Pied-de-Port. On retrouve finalement souvent les mêmes têtes. Nous rapprochons les tables et faisons plus amples connaissances

Pourquoi le dentifrice a-t-il la même couleur que la crème hydratante 😩 ?

« on commence à vieillir quand on a fini d’apprendre » proverbe japonais

4 commentaires sur « Miradoux – Lectoure 17 km »

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