Ce matin c’est grasse-matinée. Comme l’étape vers Condon est de 14 km, nous décidons de rester un peu plus longtemps au lit, de prendre le petit déjeuner à 9h et de partir à 10. Nous sommes accueillis à l’étage de cette magnifique maison de Maitre par Hervé, qui nous a dressés un petit-déjeuner digne d’un palace et dans un décor de châtelain. Nous nous adaptons à tous les extrêmes en terme d’hébergement : l’année dernière, nous avions dormi en roulotte et cette année dans un palace. Le point commun est que nous sommes toujours habillés de la même façon et crottés pareil. Seul le cadre change.


Le trajet commence sous la pluie et toute la matinée n’est que boue, mares, même un cours d’eau à franchir prêt du lac de Bousquetara. C’est le calvaire qui recommence et la terre qui nous aime tellement qu’elle continue à nous coller aux pieds. Je pense qu’Indiana Jones aurait renoncé mais Sophie, elle, non.



En terme de rencontre, il n’y a plus personne. Tous les marcheurs sont partis bien plus tôt, ce qui fait que nous sommes seuls. La seule personne rencontrée est la dame qui nettoyait la chapelle Sainte Germaine pour un concert de chants basques.
Castelnau-sur-l’Auvignon est un petit village de rien du tout en terme de taille mais un haut lieu de la résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale. Regroupant les résistants anglais, français et espagnols, le village a finalement été bombardé par les Allemands. Il a été entièrement rénové et reconstruit avec les pierres du Château entièrement détruit.


Après ce village, nous voyons au loin un énorme château qui ressemble à un couvent. Nous pensons avoir raté la chapelle Sainte Germaine. Vérification faite, (merci l’appli IGN) la chapelle est bien sur le chemin. Il ne s’agit pas d’un énorme château mais d’une construction tout à fait moderne faite par un entrepreneur amoureux de vieilles pierres, qui a construit un site d’une vingtaine de chambres, de quatre maisons, le tout avec salles de séminaire et de conférence, hammam, sauna, salle de restaurant. C’est le domaine d’Orion.
L’arrivée sur Condom se fait finalement sous le soleil par une gentille descente qui nous permet de dominer toute la ville et notamment la cathédrale Saint-Pierre particulièrement imposante. Cette halte n’est pas aussi importante que celle de Conques ou du Puy en Velay mais elle reste un moment important sur le chemin de Compostelle, avant d’arriver à Saint Jean Pied de Port.

Tous les étrangers appellent notre étape du jour « condom » à l’anglaise avec un sourire amusé. Alors on les reprend pour expliquer le son « on » à la française. Et nous cyclistes suisses de noter que la rivière qui passe à Condom s’appelle la Baïse, alors tout est dit 🤭


Notre halte du jour est le gîte « Au plaisir d’étape ». Sur la façade de la maison, les prénoms des marcheurs du jour sont inscrits à la craie. Quel accueil ! Déjà ce matin, Sophie avait reçu un SMS du couple d’hôtes pour nous souhaiter un bon chemin avant d’arriver chez eux. Que de gentilles attentions. Philippe et Corinne sont un couple de Lorrains venus s’installer ici pour ouvrir spécifiquement des chambres d’hôtes afin de rencontrer des gens. Ils sont super prévenants et sommes déjà leurs loulous.
Nous passons tous un super moment à table en compagnie du couple et de deux marcheuses, Anne et Agnès. Philippe, lance la conversation demandant à chacun de se présenter. Après cette introduction, je lance la question du dîner : êtes-vous heureux ? Anne, l’une des convives a du mal à s’exprimer, et finalement réponds « comment puis-je être heureuse devant tant cette misère dans le monde ? » Ouhlala ! Nous la sentons déstabilisé. Le dîner continue et les anecdotes fusent depuis l’apéro jusqu’au digestif au Schnaps de leur verger lorrain. Il est 22h et nous prenons congé sinon on pourrait y passer la nuit sans s’ennuyer. Mais bon, on a encore 17 km demain.

« il y a un temps où tu reçois, un temps où tu transformes ce que tu as reçu, et un temps où tu transmets. » Martine Marenne
qui prend sa source dans l’Ancien Testament « il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel » (Ecclésiaste 3,1)


Un bon coup de Schnaps, et on oublie la boue ! Au fait, c’était pas de la mirabelle ?
Sinon, vous viendrez à la maison, j’en ai rapporté un stock !
Allez, bon repos pour être en forme demain !
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C’est noté Cyril, on passe au retour 😋
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Il aura suffi que je m’émerveille devant vos photos de nature ensoleillée (pour croire que la météo était plus clémente depuis quelques jours)… pour que la terre vous aime encore davantage (et se colle encore plus à vos chaussures 😉
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Bravo a vous deux! you’re both fighters
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Merci Cécile 🤩
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