Condom – Montréal 18 km

Avec l’énergie de Philippe et de Corinne, le petit déjeuner monte en énergie très rapidement. Il doit y avoir 12 pots de confiture différentes sur la table et 200 entreposées dans le garde-manger. Anne et Agnès nous quittent pour rentrer à Rambouillet. Anne me regarde et me dit « merci pour la question d’hier sur le bonheur et les mots que tu as dit. J’y ai pensé toute la nuit». En tout cas ce matin, elle était d’humeur guillerette.

Y’a de quoi tenir en confitures
Sur le départ

Notre question du chemin du jour : pourquoi y a-t-il autant de femmes qui marchent par rapport aux hommes ? Les hébergeurs comme nous, notent une proportion de deux tiers de femmes et un tiers seulement d’hommes. Nous observons qu’hormis quelques exceptions, la plupart des femmes qui marchent ont plus de 50 ans. Est-ce lié à la ménopause, aux époux qui les quittent pour petite jeune ou à la société qui prend les femmes de cet âge pour des personnes inutiles (cf l’image des femmes au cinéma. Il est frappant de voir que la plupart des acteurs d’âge mûr 50+, jouent avec des femmes de 20 ou 30 ans, de moins qu’eux, même si elles ont un rôle d’épouse) ?

Hier soir, à table, sur six personnes, il y a avait deux femmes qui avaient eu un cancer du sein et une un méningiome. Que de sourires, de résiliences et de belles énergies ! Sophie « recommande » quitte à choisir 🤪, de déclencher un cancer fin d’été, se faire opérer en automne pour être prête à affronter la nouvelle vie dès le printemps suivant sur Venus (Siri, j’ai dit « survenu » pas « sur Vénus »). Cela nous rappelle la blague de Coluche  «  hein docteur, un petit cancer, pas un qu’on meurt avec ! »

En général, c’est plutôt sangliers ou biches
Magnifique village de Larressingle
Pause avec les Normands

Saviez-vous où l’on trouve toujours de l’eau potable ? Et bien dans les cimetières. Et cela depuis un décret de Napoléon qui a obligé à avoir de l’eau potable à disposition pour ses chevaux. Oui, ses chevaux, pas ses soldats ! C’est bien pratique pour qui veut recharger ses gourdes dans les nombreuses chapelles et cimetières qui jalonnent le Chemin qui est avant tout une route de pèlerinage.

Il en reste un peu quand même 😉
Pont médiéval

Après quatre heures de marche, nous faisons la pause du midi au milieu des vignes d’armagnac en dégustant quelques cerises d’ici et les pruneaux d’Agen enrobés de chocolat. Quel festin ! Nous déjeunons toujours léger, afin de repartir au même rythme que le matin Joe (à découvrir plus bas) confirmera que la digestion consomme énormément d’énergie et qu’il vaut mieux manger léger. Bon lui carbure au Coca : pas sûr que ce soit si bon que ça pour sa santé. 

Premières cerises 🍒

Nous rencontrons 3 guerriers sur le Chemin : en fait, deux avions de chasse et un gros transporteur de troupes.

  • le premier rafale est Davita, jeune Belge qui a tout plaqué pour cheminer sur ses pieds et dans sa tête afin de découvrir ce qu’elle souhaite faire de sa vie. Elle galope pas mal avec des étapes à 25-30 km par jour voire un 32 une fois mais elle trouvait que ça faisait trop 😮‍💨
  • le deuxième de la formation de chasse est Jo. Banquier Suisse de son état, 58 ans qui a pris un congé de 2 mois pour faire le Chemin jusqu’à Santiago mais en partant de Genève. Il est parti le 10 mai et a fait la moitié ce jour soit 1000 km. Pour ceux qui comptent vite, vous avez déjà fait le calcul du rythme du garçon ; pour les autres, Jo est à 47km de moyenne par jour. Je fais un bout de chemin avec lui jusqu’à Montréal du Gers. Il fait une pause avec nous en nous offrant le thé car j’ai gagné un pari fait avec lui (oui la marque Hoka de chaussures de running est française d’origine même si elle a été rachetée par les américains depuis).
Davita la Belge et Jo, le Suisse
  • enfin le routier qui transporte tout son barda. Benjamin, un jeune allemand qui a déjà fait le Camino Frances une fois. Cette année il a repris un congé sabbatique pour affronter le Camino Norte en autonomie complète.
Benjamin l’Allemand

Pour accéder à notre logement du jour, nous attendons 15h30 l’ouverture du tabac-presse. Nous passons par l’arrière boutique pour accéder à notre chambre, toute moderne, qui ressemble à un hôtel. Nos hôtes Roland et Michel en ont 10 dans le village. Finalement, Roland peut nous garder à dîner car il a toujours assez de plats cuisinés livrés par son traiteur.

On passe un excellent moment même si le dîner a commencé de façon acrobatique avec le parmentier de canard qui a fini à l’envers à 10 cm de l’assiette de Sophie…heureusement qu’il était délicieux … enfin le suivant. Ensuite, une fois les autres invités partis, nous restons discuter avec Roland pendant une bonne heure. Il nous raconte toutes ses pérégrinations entre leur bar-tabac marseillais et leur installation dans le Gers. Nous sommes conviés sur la terrasse à continuer la discussion avec leurs amis et d’autres qui arrivent pour boire un coup. Aucun doute que l’on aurait pu rester jusqu’à minuit à écluser quelques bouteilles de Floc (moût de vin et armagnac).

Petit plaisir du soir : un dentifrice est disponible dans la salle de bain. Ça nous change de notre dentifrice sec. Nous apprécions la sensation de frais bien agréable.

4 commentaires sur « Condom – Montréal 18 km »

    1. Oui
      – tutoiement recommandé
      – d’où tu viens (étape d’avant) et où tu vas
      – d’où tu as commencé et où tu veux finir
      – pourquoi est-ce que tu fais le chemin ? Qu’est-ce qui t’anime ?

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