Éauze – Nogaro 21 km

Comme l’étape est un peu longue, ce matin, nous prenons la décision de nous lever à 7h pour pouvoir partir à 8. D’autant plus que le transporteur Les Valises de Saint-Jacques est basé à Éauze et récupère les sacs dès huit heures. Bien nous en a pris car le gars passe à 8h05. Nos trois musiciens d’hier préviennent Sophie : « partez devant, on vous rattrapera. Et faites attention, avec le déplacement d’air, vous risquez d’être soufflés. » 😀

Nous retrouvons Thierry, notre « vélofixiste » qui fait un bout de chemin avec nous. On sent qu’il a besoin de parler et il trouve sympa de pouvoir marcher un peu en poussant son vélo. Dans le genre artiste et aventurier, on ne fait pas mieux : en achetant son vélo, il n’a pas pris de chambre à air de rechange (!), ni le temps de vérifier que ces roues pouvaient se démonter avec des écrous-papillon. Il a acheté une clé plate lors du vide grenier d’hier à Éauze.

Thierry et son fixie

Comme l’étape est de 20 km, nous essayons, comme d’habitude, d’avancer le plus possible le matin, pendant que la condition physique de Sophie le lui permet. Le premier village de Manciet est le point de rencontre de tous les marcheurs qui font du ravitaillement et prennent le café. Nos Zicos se posent au bistrot au moment où l’on part et se commandent une bière chacun, il est 11h. Il commence bien leur Chemin de cette année.

Oratoire du pèlerin dispo 24/7 sans entrer dans l’église, malin.

Nous repartons avec Nadège, une jeune étudiante ingénieure en hydrologie à Toulouse actuellement en année de césure. Elle en profite pour marcher jusqu’à Saint-Jacques. Originaire de l’île de la Réunion, elle découvre la qualité des chemins de randonnée d’ici avec moins de difficultés que là-bas. On discute, on discute et on rate le virage : heureusement qu’un couple, juste derrière nous, nous hèle pour nous remettre sur les bons rails. Coup de bol car ce genre d’inattention peut coûter cher en kilomètres supplémentaires.

Nous sommes toujours dans le Gers mais désormais arrivons dans le bas Armagnac au paysage moins cultivé et plus boisé. Nogaro est une ville peu accueillante, au patrimoine défraîchi. En plus, nos hôtes ne nous accueillent qu’à partir de 17 heures. Comme il n’est que 13h30 et que l’on a plutôt bien marché (4km/h de moyenne), l’attente au bistrot du coin est longue. Et en plus il fait assez frais. Nous suivons la fin du GP Moto d’Italie pendant qu’au loin nous entendons les rugissements des motos du Championnat de France (qui se tient ce week-end), car la ville de Nogaro est connue pour son circuit moto.

Chapelle de l’Hôpital

Comme c’est dimanche, on va rajouter à notre post du jour une touche de culture historique du style « le saviez-vous ? » Les moines cisterciens et ceux de Cluny ont organisé tout un réseau de monastères, prieurés et hôpitaux pour accueillir les pèlerins. On estime qu’entre 1050 et 1300, 25 millions de pèlerins sont venus à Saint-Jacques-de-Compostelle dans une Europe dont la population était évaluée entre 25 et 40 millions d’habitants soit 100 000 par an. Pour comparer avec aujourd’hui, il y aurait eu 440 000 pèlerins en 2023 contre à peine – 10 000 en 1992

⁃ 50 000 en l’an 2000,

⁃ 200 000 en 2013,

⁃ 300 000 en 2018,

⁃ 430 000 en 2022 (année jacquaire, prolongeant celle de 2021 cause Covid)

Bassins d’aquiculture
« Le Bonheur est dans le Pré »
Nogaro
L’attente au Café du Commerce

Le Nogapatio est une belle demeure ancienne mais à la rénovation nettement moins raffinée que la Maison d’Aux de La Romieu.

Suite à la question de Nico au sujet des pratiques entre pèlerins, voici quelques éléments:

  • tutoiement recommandé
  • d’où tu viens (étape d’avant) et où tu vas
  • d’où tu as commencé et où tu veux finir
  • pourquoi est-ce que tu fais le chemin ?
  • Qu’est-ce qui t’anime ?
  • On partage ce que l’on a si l’un en a besoin (genre le casse-croûte du midi)
  • On dit Camino pour parler du Chemin, ça fonctionne dans toutes les langues
  • et on échange nos trucs et astuces de marcheurs
Marie-Blanche, notre Cheffe 😋

On passe un moment délicieux avec notre américain Paul et un couple de la Sarthe Joël et Marie-Noelle agrémenté grâce au délicieux dîner de Marie-Blanche. D’origine gabonaise, elle nous régale de crevettes à sa sauce secrète et de profiteroles juste magnifiques (je lui demande quand même du rab de chocolat pour que ça baigne) 😉. Elle était tellement contente de passer un moment avec nous qu’elle nous a offert de son Armagnac personnel.

« Les gens heureux ne sont pas ceux qui ont été les plus épargnés par la vie. Ce sont ceux qui ont su en tirer une force vive pour rebondir.» auteur inconnu

3 commentaires sur « Éauze – Nogaro 21 km »

  1. Bonjour les amis, encore une belle étape hier. Bravo à tous les deux avec une mention spéciale pour Sophie. Avec vos récits journaliers, on se met progressivement dans les conditions de la marche à j-8 de notre 3eme édition du GR34 qui nous conduira cette année de Douarnenez à Lorient. Ouverture du blog à suivre. Encore bravo et bon chemin. Bises.

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