Après la matinée de dimanche à buller (m’enfin lire un peu puis bosser), nous prenons la direction de la capitale. Saint-Domingue (l’île pas la ville) ayant été le cœur à la conquête espagnole, elle avait pris historiquement le nom d’Hispagnola. L’arrivée des conquistadors a été menée par Christophe Colomb qui a posé le premier pied sur l’île. La ville de Saint-Domingue a rapidement été la tête de pont de l’empire espagnol, positionnée sur la côte sud, protégée des flots atlantiques. Au 15e siècle, la France occupe la partie ouest de l’île qu’elle nomme Haïti (qui veut dire collines hautes en langue Taïno, peuple premier de l’île).
Globalement les infrastructures de l’île sont bien plus développées qu’au Costa Rica. Spécifiquement dans la capitale, un grand programme de rénovation urbaine se déroule à Saint-Domingue. Il y a notamment un programme qui vise à repeindre les façades pour retrouver les couleurs gaies d’antan. La cité historique côtoie des maisons totalement rénovées à côté d’autres qui n’attendent qu’à l’être.

En terme de propreté, cela va des bouteilles plastiques qui traînent partout à des endroits très propres. Lorsque je veux changer les piles de la télécommande de la chambre (Roland Garros oblige), je donne les vieilles au réceptionniste qui les jette direct à la poubelle. En bon européen formé au tri, je lui dis « vous jettez des piles à la poubelle ? » ; et lui de me répondre « c’est comme ça qu’on fait dans un pays sous-développé » (en français d’Haïti dans le texte). Cela nous désespère qu’un pays en plein développement n’en profite pas pour éviter les erreurs faites par les « vieux » et ne capitalise pas sur leurs erreurs passées !
En ce jour de Fête des Mères, le cœur historique de Saint-Domingue est très animé. Beaucoup de personnes sont bien habillées pour sortir avec leurs mères pour la journée ou aller dîner. On a même vu un jeune homme prendre sa mère en photo devant un joli bâtiment en la recoiffant : trop mignon. À l’opposé, un fils invite sa mère à dîner dans notre restaurant, et ne lui décoche pas un mot. Ce n’est pas le tout de sortir ensemble : si on a rien à se dire, c’est un peu triste. Dans ce restaurant végétarien très design et qui fleure le bon chic bon genre, nous notons la présence essentiellement de locaux clairs de peau. Nous en profitons pour faire la recherche sur le colorisme. Cette pratique est effrayante mais nous conforte dans le fait que les « plus clairs » paraissent mieux nanties que les « plus foncés ».
Source Mdh-Limoges « De nombreux Dominicains et Dominicaines sont descendants d’anciens esclaves. Les différences de richesse sont très fortes et les blancs descendants de colons espagnols sont de loin les plus riches tandis que les Noirs et les Métis, mélange d’Américains Taïnos, d’africains et d’espagnols occupent généralement le bas de l’échelle sociale. Néanmoins, le métissage y est très important. »
Pendant que Manu travaille lundi 1er , je prends un guide touristique pour faire la visite guidée du cœur de la ville historique, dite la Zona Coloniale. Mon guide parle français, il me dit qu’il a passé 7 ans à Nantes ( je parierais plutôt pour 7 mois), c’est un peu laborieux et il faut que je sois très attentive et je suis un peu frustrée qu’il ne comprenne pas toutes mes questions (je pense que Wikipédia est mieux pour tout connaître de l’histoire de Santo Domingo 😉).
Cette ville dispose d’un patrimoine historique incroyable datant du 15e et du 16e siècle, très bien rénové. La ville continue d’investir énormément pour rénover la ville, ses rues, ses maisons, historiques ou pas, et garder son statut de première ville de l’empire colonial espagnol. Christophe Colomb utilisait cette base comme tête de pont pour envoyer ses consuls conquérir tous les autres pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. Les vestiges de sa richesse passée sont encore très présents y compris tout un patrimoine art déco. Santo Domingo vaut vraiment le détour.





