Nous écrivions précédemment que la région était verte. Ça n’est pas la Normandie mais c’est humide quand même. Depuis quelques jours, tous les matins, nous nous réveillons dans la brume. Il faut donc remettre le blouson le temps que le soleil pointe son nez « après dissipation des brumes matinales » comme ils disent à la météo.
Le gîte de Jean à Seyrignac est un pur bonheur. Sans aucun doute le plus beau lieu de séjour où nous avons été hébergés . Pour l’atteindre, cela n’a été globalement qu’une longue et douce descente en direction de Figeac. Mais comme le gîte est à l’écart du chemin, Jean a balisé tout l’accès pendant au moins 3 km. Cela montre déjà son souci du détail.
Tout a été pensé pour le confort. Il accueille des marcheurs comme des touristes en villégiature. Au cours du dîner, il nous raconte comment il a acheté une sorte de grange en ruine sans toit et avec des bouts de murs de pierre. Il a consacré tout son temps libre pendant 10 ans pour en faire un endroit très chaleureux,raffiné et atypique. Seul le ménage laisse un peu à désirer. Il faut dire que le gars était de formation de charpentier, qu’il a fait maçon et plaquiste. Ça donne des bases tout de même. En flânant dans Figeac le lendemain, nous regardons le prix des maisons du coin dans les agences immobilières. Nous tombons sur une annonce présentant la mise en vente du gîte de Jean pour 880,000 euros. Sophie avait la sensation qu’il était bien plus attiré par les travaux de rénovation que par l’accueil hôtelier. Bizarre qu’il n’en ait pas parlé au dîner. Peut-être parce que j’évoquais le fait que j’avais besoin de la fibre pour bosser (elle s’est arrêtée à Figeac soit 3km plus bas pour le moment).




Nous profitons de cette courte étape du jour pour flâner dans Figeac. C’est une charmante ville médiévale, très bien restaurée avec ses maisons typiques rehaussées de soleilhous. Ce sont des greniers aérés qui servaient à faire sécher les châtaignes. Autre caractéristique de la ville : elle a été la ville de naissance de Champollion. Ils ont d’ailleurs réalisé une immense pierre de rosette en métal et l’ont placé au milieu de la Place des Ecritures. Figeac est assez dynamique économiquement avec un chômage faible lié aux deux grosses entreprises d’aéronautique ; le bâtiment et l’agriculture cherchent aussi des bras pour bosser, sans trop de succès.
Nous rencontrons France-Anne, jeune retraitée, qui marche seule et fait quelques bouts de Chemin avec un tout petit sac (ça sent la Malle Postale). A la halte du midi, un cycliste s’arrête à sa hauteur, il tape la discute. Nous apprenons plus tard que son « amoureux », comme elle nous dit, la suit en camping-car, l’attend à la fin de l’étape et en profite pour faire un tour de vélo dans la région.






L’étape du jour ne revêt pas de difficultés techniques particulières avec un dénivelé très faible. Sauf que les deux podomètres partent en sucette et nous génèrent tous les deux un parcours que nous n’avons pas du tout fait (cf la carte en image). Je sais que l’on aime bien marcher mais nous ne sommes pas fous à ce point-là encore !
Notre bronzage est passé de vanille fraise à Danette chocolat-vanille. Comme nous marchons vers l’ouest, nous n’avons vraiment que le côté gauche, jambe, bras, joue et oreille de vraiment bronzés. À cela il faut rajouter le style cycliste. Qu’est ce que l’on est beau : on va faire un malheur cet été !
Pause improbable dans une halte pèlerine au milieu de rien. Sur la route de Faycelles, destination du jour, nous tombons sur le Relais St Jacques. Nous décidons de descendre les quelques mètres et sommes accueillis par Marie, belge retraitée, tout récemment installée dans ce gîte. Elle nous propose un rafraîchissement et du café sur une table ombragée. Nous sortons notre pique-nique du jour et discutons avec elle et son hospitalier du moment, Florent, randonneur-marcheur itinérant qui s’installe là où l’on veut bien l’accueillir en échange d’un coup de main pour gérer les gîtes. Nous passons un bon moment en leur compagnie. En plus de l’accueil de marcheurs, Marie et son ami Olivier vont organiser des séjours longs pour des personnes qui sortent de dépression. Ils pourront ainsi se remettre sur pied en s’engageant personnellement sur quelques tâches du quotidien.








Il est à peine 14h et nous arrivons déjà à la Caselle d’Hôtes de Faycelles. Il est communément admis que les gîtes n’accueillent qu’à partir de 16h. Nous envoyons donc un sms à l’hôtesse pour la prévenir et lui demander si elle accepte de nous recevoir plus tôt. Elle est étonnée d’une telle politesse et savoir vivre : il semble que tous les marcheurs ne se comportent pas comme cela. Certains arrivent même avant midi nous déclare notre hôtesse.
La caselle est une ancienne bergerie de pierres qui servait d’abri aux bergers. Et oui, car nous attaquons les Causses et c’est le pays des brebis dans ce coin de désert qui commence dans le Quercy. Dommage que nos hôtes ne soient pas dispos pour le dîner, nous ne partageons que l’apéritif avec eux et nous restons sur notre faim. Le dîner est servi en plateau et dégusté dans notre caselle à lire le guide Miam-Miam Do-Do sur le reste de notre Chemin. Arrivée dans 4 jours à Cahors.
Heureux de vous retrouver tous jours. Bravo pour votre parcours et le partage de vos échanges et découvertes sur le chemin. A très bientôt.
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Merci. Nous avons franchi la barre des 300km. Nous voyons le bout du périple. Encore de beaux échanges aujourd’hui.
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Merci à vous de nous faire voyager quotidiennement ! En ce jour pluvieux ça fait du bien de s’évader un peu !
Courage à vous pour les dernières étapes, on a hâte de vous revoir en pleine forme.
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Salut Christian et merci pour ton gentil mot. Nous arrivons à au bout (plus que deux étapes).
Nous aussi prévu sous la pluie toute la journée : ça va être la sortie en poncho 🤨…mais c’est bon pour la nature. A lundi
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