Volcan Irazú et Cartago

Nous avons dîné avec un client de Manu, Javier et sa femme Julie, dîner très intéressant où l’on a enfin pu poser toutes les questions que l’on voulait (on n’en avait préparé plein).

Julie (en fait c’est Julieta mais elle se fait appeler Julie à la façon américaine et non espagnole en roulant les « r ») nous propose de nous promener le lendemain mais Manu a des rendez-vous avec des clients et je me sens un peu piégée et obligée de répondre « with pleasure », même si ça me stresse de passer toute une journée seule à parler (mon côté fille timide qui ressort) et en anglais. 

Mon mari et mes fils me boostent et me disent que je m’en sors toujours en anglais et que ça va être super : je suis motivée ! 

Le lendemain matin, j’ai un chauffeur de la compagnie de location de voitures de Javier qui m’attend devant l’hôtel pour me conduire à la voiture de Julie sur la route vers le volcan Irazú car le trafic est infernal dans cette partie de la ville. 

Nous avons 1h30 de route vers le volcan. Je pose des questions à Julie sur sa vie et elle ne se fait pas prier pour parler, alors le temps passe vite. 

Arrivées au volcan Irazú, le temps est très couvert, on n’y voit pas à 3 mètres et il fait 11 degrés car on est à 3400m. On a peur d’être venues pour rien. Et là, le vent fait son office et le temps se dégage : un petit miracle ou un coup de la « sorcière Julie » car elle habite une ville qui s’appelle la ville des sorcières et revendique d’en être une 😉. Irazú est un volcan encore actif, on sent le soufre en y montant mais la dernière éruption remonte à 1963.

En descendant du volcan, nous arrêtons devant un restaurant et elle me dit qu’il faut que je goûte la spécialité du coin, une soupe appelée pozol. 

Le restaurant est incroyable ; tout d’abord la vue sur toute la vallée et ensuite aux murs, une tonne de cartes de visite et autres petits mots laissés par les clients et qui pendent du plafond des billets de banque de tous les pays. Je trouve un billet de 20 francs (pour les plus vieux d’entre nous, ils verront de quoi je parle) et Julie me montre un vieux billet en colón qui doit valoir une fortune aujourd’hui car très vieux et très rare (le tableau l’illustrant est au musée national). 

Le monsieur qui nous sert dit à Julie qu’ils ne proposent la pozol (bouillon, maïs, bœuf et divers condiments) que le week-end mais qu’ils vont nous en faire une petite que pour nous : trop gentils ! Comme Julie veut tout me faire goûter, la soupe est accompagnée d’une banane plantain fourrée au fromage, d’une tortilla au fromage et à la crème et pour faire passer tout ça, elle me fait découvrir une boisson typique de cette région, l’agua dulce (morceau de sucre brut de canne dissoute dans de l’eau chaude avec ou sans lait) : c’est très sucrée bien-sûr, réconfortant après avoir eu bien froid et délicieux. Tout était d’ailleurs succulent. 

Dans ce restaurant, il y a juste une table de prise et je me fais alpaguer par un jeune homme de cette table qui me demande d’où je viens. Il me présente son oncle et sa tante et une jeune femme japonaise qui est venue dans sa plantation de café pour être formée. On discute pendant 1/4h et quand Julie arrive, il nous invite à visiter sa plantation mais finalement ça ne se fera pas. 

Julie me dit que c’est étonnant comment j’ai créé du contact avec ces gens. Je n’y suis pour rien, hormis peut-être un sourire engageant 😉. 

Une fois repues, nous descendons dans la vallée vers Cartago, l’ancienne capitale du Costa Rica. 

C’est la seule ville où il reste encore quelques maisons coloniales (les villes ici sont toutes faites de maisons de bric et de broc, de toutes les couleurs et de rues avec des magasins moches pleins de produits chinois) malheureusement pas beaucoup mais c’est quand même la plus jolie ville que j’ai vu. 

Maison coloniale

Nous allons d’abord voir les ruines d’une grande église qui avait commencé à être construite au début du XXe siècle mais qui a été détruite par un tremblement de terre (assez fréquents ici), alors ils l’ont laissé en ruines avec un très beau jardin au centre. 

Ils ont alors construit une basilique énorme à un autre endroit à cause des séismes : la basilique Notre-Dame-des-Anges. En pratique il y a toujours eu une église ici depuis qu’une jeune femme avait trouvé en 1635 une statue en pierre de la Vierge des Anges, La Negrita, à laquelle on attribue de nombreux miracles. 

La Negrita

Cette basilique a été fini de construire en 1924. Elle est très belle, toute en bois peint et a son pèlerinage tous les 2 août. 

Il y a de très nombreuses vitrines contenant tous les ex-votos, offrandes faites à La negrita en remerciement du vœu exaucé. Il y a toutes sortes de parties du corps humain dont des seins. J’étais très impressionnée !

Ex-votos

Notre prochain arrêt est l’église Saint-Joseph, aussi appelée l’église coloniale d’Orosi. Elle date de 1767 et est la plus vieille église du pays. 

Église Saint-Joseph

Malheureusement elle est en rénovation et nous n’avons pas pu la visiter. Julie m’a dit d’aller y jeter un coup d’œil : je suis allée à la porte, aucuns des ouvriers du chantier ne m’a rien dit mais je n’ai rien pu voir car tout était par terre. Il faudra revenir…

On a fini notre journée en longeant les plantations de café (je ne crois pas me souvenir d’avoir vu avant des caféiers) et en s’arrêtant faire un goûter et boire un café. Julie nous amène dans un très bel endroit en bord de rivière, très importante pour les habitants d’ici car grâce à son barrage, elle procure de l’énergie à beaucoup de gens. 

Plantation de café

Nous nous régalons d’un cappuccino et d’une tortilla sucrée cette fois-ci et d’un gâteau comme des œufs au lait au caramel. Julie m’a dit que le café costaricien est le meilleur au monde (un peu chauvine mais peut-être pas…). 

Vue sur la rivière

J’ai une dernière chose à raconter parce que j’ai eu du mal à le faire : ici dans beaucoup d’endroits, aux toilettes, il ne faut pas jeter le papier toilette dans la cuvette mais dans la poubelle que ce soit la petite ou grosse commission. Je m’y suis faite et il n’y a pas plus de mauvaises odeurs ici qu’ailleurs 😉. 

Merci Julie pour cette belle journée !

Pura vida 

3 commentaires sur « Volcan Irazú et Cartago »

  1. Merci Sophie pour le récit de cette journée de visite avec Julie(ta) : manifestement tu as bien fait d’accepter ! Je confirme que ton sourire (regarde ta photo en haut du volcan) t’ouvre les portes des rencontres. Pura vida !

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