Trois Îlets-Saint Pierre : 54km

Voici arrivé notre dernier jour dans les Caraïbes. C’est top mais nous sommes contents de rentrer chez nous. Non pas qu’il fera plus frais, car les températures sont prévues à 30° comme ici, mais au moins il fera sec. Finalement, cette chaleur tropicale humide est assez fatigante quand on n’a pas l’ADN d’ici.

Après une matinée professionnelle, nous prenons la direction de la Savane des Esclaves. Gilbert Larose, Martiniquais passionné d’histoire de son île, à créer ce site par devoir de mémoire. Son objectif est que tout le monde connaisse l’histoire de la Martinique, le mode de vie de ses ancêtres et que personne n’oublie leurs savoirs et traditions. Caché derrière les Trois Îlets, il a défriché une forêt pour aménager ce site. 

Nous comprenons mieux encore l’histoire jusqu’au XVe siècle des amérindiens présents sur l’île depuis 600, puis l’arrivée des colons et des esclaves africains du 16e jusqu’à l’abolition finale de l’esclavagisme en 1848. Cette période d’une violence indescriptible a vu des humains traités comme des meubles par d’autres humains agissant comme des bêtes. Avant le développement du commerce triangulaire (France > Afrique > Caraïbes > France) par Colbert, les premiers esclaves étaient des Normands et des Bretons (dits engagés blancs) à qui on faisait miroiter la fortune : ils ne tenaient même pas les 36 mois minimum requis pour être libre et mourraient de fatigue et de malnutrition dans les champs de tabac. L’arrivée de colons  néerlandais juifs, chassés du Brésil par les Portugais, ont importé la culture de la canne à sucre après avoir aider les Français à se battre contre les Anglais. Aucune justification humaine ne peut expliquer cette barbarie au nom de l’économie. Et pourtant on continue dans les mines d’Afrique et les usines chinoises ou du sud-est asiatique.

Nous continuons notre périple sur la côte Ouest en prenant la direction du Nord pour rejoindre le Carbet, puis Saint-Pierre. Cette toute petite agglomération (3000 habitants) fut le premier port d’arrivée des colons au XVIe siècle. La ville de Saint-Pierre a été la capitale de la Martinique jusqu’en 1902, date à laquelle le volcan de la Montagne Pelée s’est réveillé et a dévasté toute la ville.  C’est depuis cette date que l’ensemble des activités administratives et économiques ont été transférées à Fort-de-France, ville plus sûre. 

Ruines du théâtre

Les plages ici sont de sable noir. Nous trouvons un petit resto au bord de l’eau très sympa qui nous propose un cocktail de fruits frais (pour la 1re fois, c’est si rare ici) délicieux et une assiette d’accras succulents accompagnés de riz et de quelques crudités : parfait 👍. Pour compléter ce « magic moment », le serveur nous montre des dauphins juste devant nous que l’on voit sauter dans les vagues au loin et même la tête d’une tortue (on le croit sur parole). 

Chez Kay Jacko au Carbet

Définitivement, la Martinique nous laissera un meilleur souvenir, aussi bien au niveau des personnes plus souriantes que des jolis villages et de la qualité des infrastructures. 

2 commentaires sur « Trois Îlets-Saint Pierre : 54km »

    1. Merci. Juste arrivé à Paris en connection vers Angers.
      « Belle façon de s’évader » : intéressant cette phrase après notre visite à La Savane des Esclaves 😉!

      Pour les gars de l’époque, l’évasion se terminait souvent par des mutilation (oreilles pour commencer, jambe coupée à la 2e tentative puis mort à la 3e). C’étaient des esclaves mulatres qui s’occupaient d’aller chercher les fuyards. On dit « marrons » pour ces esclaves qui s’évadaient (je croyais que cela venait de leur couleur de peau) : ce terme provient de l’espagnol cinmarron, qui veut dire « sauvage, non domestiqué », détourné en fuyard).

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